Le confinement accentue les inégalités scolaires et sociales, c’est un triste constat que nous partageons tous, jusqu’au président de la République qui en a fait un argument pour rouvrir les établissements scolaires le 11 mai.

C’est pour tenter d’entraver ces inégalités que la plateforme Covaide a vu le jour. Objectif : proposer une aide aux devoirs gratuite, dispensée par des étudiants des grandes écoles et des universités, à des collégiens et lycéens isolés ou n’ayant pas la possibilité de se faire aider par leur famille. Le principe est simple : un tuteur pour un, deux ou trois élèves maximum.

Comme au BB, les initiatives solidaires, l’éducation et surtout l’excellence, ça nous parle, on a décidé de creuser et de vous présenter l’initiative.

« Aider les élèves en isolement, chez eux et soulager les familles », c’est la volonté affichée par Maria Guramare, à l’initiative du projet. Cette ancienne élève de l’Insep, internationale de basket-ball et étudiante à Harvard, a nourri son inspiration de l’autre côté de l’Atlantique.

Un seul critère : aider ceux qui en ont besoin

Il y a quelques temps, Maria découvre l’initiative américaine Coved (mélange de « Covid » et « education »), et décide de reproduire le concept dans l’Hexagone. Avec ses amis de l’Insep et ses anciens professeurs, elle mobilise plusieurs bénévoles pour mener à bien son projet.

Une semaine après, Covaide France voit le jour. Une plateforme est mise en ligne ; elle permet à des élèves de la 6ème à la Terminale de s’inscrire sans critère de sélection. Seule une autorisation parentale est nécessaire. Les bénévoles qui souhaitent devenir tuteurs peuvent également candidater en ligne, dès lors qu’ils sont titulaires d’un Master 1.

Après l’inscription, les élèves reçoivent gratuitement deux heures de cours hebdomadaires, dispensés par des étudiants de niveau bac+5 et plus, étudiants pour beaucoup des plus grandes universités et écoles françaises.

Parmi les contributeurs du projet, on retrouve Stéphane Floccari, enseignant de philosophie et auteur, qui est aussi l’ancien professeur de la jeune femme. « Quand Maria m’a exposé le projet, je n’ai pas hésité, assure-t-il. L’idée, c’est de mettre en relation les meilleurs étudiants des grandes écoles avec des élèves qui en font la demande. Il n’y a pas de critères de niveau ou de sélection particulière. Il ne s’agit pas de se substituer à l’Education nationale mais d’apporter une aide, tant aux élèves qu’aux familles pour qui, parfois, le suivi de la scolarité à domicile génère des conflits et vire à la guerre de tranchées. »

Cette démarche vise à donner de l’espoir aux jeunes

L’inscription est simple, le portail facile d’accès. En 24 heures, l’élève se voit attribuer un tuteur. De nombreux sportifs de haut niveau ont d’ores et déjà apporté leur soutien au projet au travers de vidéos visibles sur la page Facebook de Covaide France.

Merci à Mathilde Gros, grand espoir du cyclisme féminin (sprint), membre de l’équipe de France, qui soutient Covaide France.

Publiée par Covaide France sur Vendredi 24 avril 2020

« L’éducation est un enjeu structurel, conclut le prof de philo. Cette démarche vise à donner de l’espoir aux jeunes, y compris à ceux issus des milieux les plus défavorisés. Nous voulons leur montrer qu’il n’y a pas de fatalité, et qu’eux aussi peuvent accéder à ces grandes écoles. Et si cela génère des vocations, c’est extrêmement positif. »

Céline BEAURY

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