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Le monde du football et le Portugal sont en deuil après l’annonce de la disparition d’Eusébio da Silva Ferreira dimanche dernier. Retour sur la carrière de celui que l’on surnommait « la panthère noire ».

Joueur emblématique du Sport Lisboa Benfica, surnommé « la panthère noire » pour sa rapidité et ses tirs désastreux, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ce sport. Né au Mozambique en 1942, colonie portugaise à cette époque, de famille pauvre, le jeune Eusébio joue au football sur un terrain poussiéreux à l’aide de chaussettes enroulées pour faire croire à un ballon. Il débute sa carrière à 15 ans. Trois ans plus tard, recruté par le grand club de Benfica, il s’envole à destination de l’Europe. Dès sa seconde année, il réussit a étonner le monde en remportant a l’âge de 19 ans la coupe d’Europe des clubs face au Real Madrid de Di Stefano, la seconde consécutive pour Benfica, il s’offre même le luxe de marquer deux buts et de pouvoir  repartir avec le  maillot de  son idole madrilène.

Suit alors une décennie de gloire, de victoires éclatantes et de trophées individuels. Premier Noir distingué en tant que meilleur joueur européen en 1965, un an après, il emmène sa nation à une inespérée troisième place en Coupe du monde terminant meilleur buteur de la compétition. Connu pour sa générosité et son humilité, porte-drapeau au-delà des frontières, il redonna à tout un peuple de la joie et de l’espérance quand le pays se trouvait en pleine dictature salazariste.

Les funérailles ont été à la hauteur de l’homme. Aux toutes premières heures de la matinée de dimanche, plusieurs anonymes se concentraient auprès de la statue d’Eusébio située aux abords de l’Estadio da Luz, où en quelques heures, ils l’entourèrent de fleurs et d’écharpes à l’effigie du club.

Le cercueil  est arrivé au stade quelques heures après pour y rester jusqu’au lendemain. En début d’après-midi, la panthère noire, traversa pour la dernière fois la pelouse qu’il adorait tant en faisant un dernier tour de stade. Pas moins de 15 000 personnes ont pu lui rendre un dernier hommage.

Mais c’est au moment où le cortège initia son parcours jusqu’à l’église au centre de Lisbonne que l’on vit vraiment l’impact de sa disparition. Là-bas l’attendaient le Président de la république Cavaco Silva et son premier ministre ainsi qu’une grande partie de joueurs ayant connu personnellement le King. La marée humaine entourant le cortège se multiplia jusqu’au cimetière où il était quasiment impossible de distinguer le cercueil tant la foule était immense. Le roi fut finalement inhumé sous une pluie battante, ce qui ne découragea pas les personnes qui l’accompagnaient.

Il serait difficile d’expliquer ce qu’Eusébio apporta aux Lusitaniens. Ce qui est sûr, c’est qu’il restera immortel dans l’esprit collectif  tant ses exploits sportifs étaient fantastiques et pour avoir toujours été un personnage humble, malgré son statut d’incontournable. Poussé par la majorité des Portugais, le gouvernement devrait d’ici quelques mois lui ouvrir la porte du Panthéon national où il rejoindra d’illustres politiques, hommes de lettres ou encore la chanteuse de fado Amalia Rodrigues.

Aucun fan de football ne pourra jamais oublier des idoles comme Eusébio, qui certes n’étaient que de simples sportifs mais qui nous ont fait tant rêver.

Kévi Vaz

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