Nos blogueurs étaient hier soir devant leur poste de télé pour visionner le documentaire Français d’origine contrôlée, sur France 2. Réactions.

Les histoires d’amour finissent mal…

C’est une histoire d’amour contrariée que nous raconte Mustapha Kessous et Jean-Thomas Ceccaldi dans leur documentaire Français d’origine contrôlée. Celle de la France et de ses immigrés et enfants d’immigrés nord-africains.

En effet, dans la bouche de la majorité des intervenants de ce reportage, marcheurs pour l’égalité et contre le racisme d’hier ou élus de la République, on retrouve cette même idée d’une France qui ne les a pas aimés. « On s’est offert à la France, c’est elle qui n’a pas voulu ».

Le même sentiment de déception, de frustration qui balaie plus de cinquante années d’histoire. De la timidité des parents venus travailler, à la rage de leurs enfants dont certains se considèrent comme des « bâtards », pas vraiment de là-bas et pas tout à fait d’ici.

Ce documentaire rend bien compte des moments de grâce, de « Douce France » interprétée par Rachid Taha à la foule métissée du 12 juillet 1998. Mais il rend aussi compte du gâchis, des vies brisées, des rendez-vous manqués qui ont inexorablement conduit à la peur de l’autre, au repli communautaire.

Une histoire passionnée, une où on se déchire, où parfois on s’aime sans se le dire, bref, une grande histoire d’amour dont toute la complexité est rendue.

Latifa Oulkhouir

Un pan de l’histoire de France occulté

« Histoire : Connaissance du passé de l’humanité et des sociétés humaines ; discipline qui étudie ce passé et cherche à le reconstituer ». Telle est la définition du Petit Larousse. Hier soir sur France 2, Hanifa, Norredine, Leila, Djamel, Azouz, Fatima, Karim et d’autres nous ont raconté leur histoire. Celle d’enfants d’immigrés nés, ou arrivés jeunes, en France. Dans la première partie de ce film, les cinquantenaires interrogés racontent leur jeunesse : scolarité, famille, racisme, violences policières, militantisme, combat pour l’égalité, tout y passe. En voix off, en introduction, Mustapha Kessous précise : « Voici leur histoire qui est, qu’on le veuille ou non, une histoire de France ».

J’ai 18 ans. Cela fait quinze ans que je suis scolarisée dans l’école de la République. Je me souviens avoir commencé à étudier « l’histoire de France » en CE2, à l’âge de 8 ans. Dix ans de cours d’histoire et jamais, jamais, jamais, je n’ai étudié cet angle de l’histoire de France. Si le programme d’histoire a tourné le dos à ces événements, le programme d’éducation civique en a fait de même. Pourtant l’éducation civique est une matière qui se rapporte davantage à l’époque contemporaine.

En 2013, nous avons fêté les 30 ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Si on n’avait pas commémorer cet événement, un bon nombre de jeunes de ma génération en connaîtrait à peine l’existence. D’ailleurs je ne suis même pas sûre que cet anniversaire ait suscité chez l’ensemble des jeunes un écho particulier. Personnellement, c’est en ayant eu des discussions avec mon père, ma mère, mes oncles, mes tantes qui ont vécu cette histoire que j’ai pris connaissance de cette marche et des revendications qui se cachait derrière elle.

Hier soir, grâce au film Français d’origine contrôlée, j’en ai appris davantage sur cette histoire qui est essentielle pour comprendre le monde dans lequel nous vivons actuellement. Jean-Thomas Ceccaldi et Mustapha Kessous, merci.

Sarah Ichou

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