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Je ne serais pas franc si je vous disais que lorsque je discute des problèmes d’immigration en France j’ai du mal, beaucoup de mal, à faire un quelconque parallèle avec ma propre expérience d’immigrant.

Je suis parti au Canada il y a neuf ans, à la fin de mes études. D’abord Résident Temporaire, mon employeur a bien voulu me sponsoriser afin que le tout puissant Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration me donne le droit de vivre temporairement au Canada en lien avec mon emploi.

Mis à part le fait que j’ai rapidement appris que pour un Québécois, un Français « c’est prétentieux et ça sent mauvais » (j’exagère à peine), je me suis tout aussi vite rendu compte que le statut de Résident Permanent était nettement préférable à celui de Résident Temporaire : cela donne quasiment les mêmes droits que les Canadiens (à l’exclusion du passeport et du droit de vote) et permet d’accéder à la citoyenneté sous certaines conditions (le terme « Nationalité » n’est pas utilisé dans ce contexte). Bon, c’est vrai aussi que devenir Résident Permanent nécessite de passer par un dossier de sélection. Les frais sont assez élevés (plus de 1000 $ non remboursables) et le délai de traitement relativement long (comptez six à douze mois). Dans ce processus, le dossier de candidature permet de juger du  niveau de connaissance d’au moins une des deux langues officielles du pays (français ou anglais), de mesurer l’intérêt d’une compétence ou d’un savoir-faire recherché au Canada, d’évaluer les moyens financiers à la disposition de l’immigrant et enfin de savoir si la personne possède une famille capable de faciliter son arrivée au Canada. Bref, en analysant la combinaison de ces quatre critères, on évalue votre capacité à vous insérer rapidement dans le tissu social.

Après le délai légal de présence dans le pays (l’équivalent de trois années sur un période de quatre ans), le Canada offre la possibilité aux Résidents Permanents de devenir citoyens. Beaucoup moins onéreux (50 $), le processus requiert cependant de se préparer à un examen de citoyenneté qui nécessite de prendre connaissance de l’Histoire et de la géographie du Canada mais surtout des droits et devoirs du citoyen (devoirs légaux tout autant que moraux). Ayant passé avec succès cet examen, vous êtes présenté à un juge fédéral qui vous fait prêter serment d’allégeance à Elisabeth II, Reine du Canada. A l’occasion le juge ne manquera pas de s’émerveiller de la diversité des origines présentes dans la salle (dans mon cas il y en avait plus de trente), vu que cette diversité est perçue comme un élément de fierté par les autorités Canadiennes.

Bref ! Je ne peux que le constater depuis mon retour en France : autre pays, autre vision des choses…

Cédric Roussel

Cédric Roussel

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