Omar: « Nous, on est la France du bas. « 

Félix: « Arrête, moi, je suis la France du haut. J’habite au huitième. »

Omar: « Ouais. La France du haut… pour mieux sauter! »

 

Sur la « Place des Miracles », au pied du discount Ed, ils font passer le temps, et le joint. L’un, né au Sénégal, 26 ans, n’a plus travaillé depuis le retrait de son permis de conduire pour ivresse. L’autre me propose un témoignage bidon où il serait l’instigateur des révoltes, pour 20 euros. « La télé se fait des couilles en or sur notre misère. Toi, tu dois toucher une prime de risque de ouf pour venir ici. Tiens, on te casse les dents et on partage la prime, ok? »

 

Par Blaise Hofmann

 

 

 

 

 

Blaise Hofmann

Articles liés

  • Ici ou là-bas, des lignes meurtrières et des exilés toujours plus stigmatisés

    Alors que les responsables politiques français se font remarquer par un mutisme complice face aux dernières tragédies des exilés, Barbara Allix a décidé de parler de ceux qui se battent pour ces oubliés. Juriste, spécialiste du droit des étrangers, elle est installée à Briançon (Hautes-Alpes) où chaque jour de nombreux exilés traversent la frontière italienne dans les pires conditions. Elle raconte l’envers du décors de cet engagement pour l’humanité. Billet.

    Par Barbara Allix
    Le 30/11/2021
  • Guadeloupe : « On est obligé d’arriver à des extrêmes dramatiques »

    Depuis la mi-novembre, la Guadeloupe est traversée par un mouvement social profond, allumé par une grève des pompiers et soignants face à l'obligation vaccinale de ces derniers. Un mouvement de grève générale qui s'est suivi par des révoltes urbaines, et qui illustre un malaise profond de la société guadeloupéenne et de sa jeunesse face à l'État français. Témoignages.

    Par Fanny Chollet
    Le 26/11/2021
  • Exilés : « La France et l’U.E vous ont laissés vous noyer »

    27 exilés ont perdu la vie le 24 novembre dernier, alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, pour rejoindre le Royaume-Uni depuis Calais. Une nouvelle hécatombe, qui devraient mettre la France et l'Union Européenne face à leurs responsabilités. C'est l’électrochoc que voudrait voir Félix Mubenga, devasté et en colère devant des drames qui se répètent. Comme nous tous. Edito.

    Par Félix Mubenga
    Le 25/11/2021