LA MESSE EST DITE. Onzième épisode de la chronique dominicale de Lansala. Il décrypte la célébration d’un événement sportif très apprécié du grand public, Roland Garros. 

La vie suit son cours, je laisse mon empreinte le temps d’un set !

C’est le grand le jour, bienvenue dans le Bcbg par excellence ! Tout le gratin se bouscule du côté d’Auteuil, d’ordinaire si tranquille. Tels des tournesols les gens tournoient la tête de gauche à droite, de droite à gauche à la recherche de rayon d’un soleil congédié. Là-bas sous couvert de sensiblerie ils camouflent leurs pupilles à l’aide de lunettes de soleil qui coûtent un bras ! Et tout le monde bouge sa tête sur une bande sonore orgasmique : « huh, hi, ahh, humm … ».

Bienvenue dans l’univers impitoyable de Roland Garros. L’ouverture des portes et les premières cohues sous la pluie, ont lieu aujourd’hui, ce dimanche 26 mai. C’est un peu le Festival de Cannes en moins onéreux, avec cette même population qui migre dans le nord, comme des oiseaux, une fois les palmes remises. J’ai pu le constater, mais via ma télé. À l’époque j’étais jeune, ma clique et moi attendions Roland Garros avec impatience. Cet événement était un repère spatio-temporel, pour nous rappeler que les grandes vacances approchaient !

C’était toujours le même cérémonial nous partions au stade Huivier, le stade municipal de la ville de Noisy-le-Sec. Il possédait 4 courts de tennis, dont 2 couverts. Chacun avait sa raquette, mais pour les balles c’était une autre affaire … Nous traînions aux abords des courts. C’était notre scène de crime : à la recherche des balles perdues. Un mix entre Les Experts et Indiana Jones ! Les règles étaient vraiment complexes pour ma petite tête. Pour couronner le tout, la coordination de mes mains relevait du concept plus que de la réalité. Ce sport était pour moi un calvaire rempli de futilités : coup droit, revers, effet lifté, slicé, smash, balle de match …

J’ai vite abandonné cette carrière qui ne m’était pas destinée, même si Agassi m’avait motivé à me couper les cheveux. Le déclic est venu le jour où j’ai fait l’acquisition d’un jeu vidéo : Virtua tennis, avec lui tout paraissait plus simple. J’ai pu enfin regarder un match sans faire semblant de comprendre. Je n’étais plus perdu dans ce ce monde où les shorts et les jupes s’affrontent. Le monde du tennis est partagé en deux ! Il y a d’un côté les pro-Nadal et de l’autre les pro-Fédérer. C’est autrement dit l’Espagne contre la Suisse, la France, on est spectateur depuis 30 ans avec pour seule victoire, celle de Yannick Noah en 1983 !

Mon choix est simple, comme Jérôme Cahuzac je choisis la Suisse. J’ai fait part de mon engouement de voir à nouveau jouer Roger Federer à un de mes amis, même si le tennisman suisse est 3ème au classement ATP, il m’a répondu sèchement : « c’est trop tard, ils ont déjà recruté les ramasseurs de balles ! ». Choqué par cette vision étriquée, je ne pouvais que me poser des questions. Je ne suis ni acteur, ni spectateur de ce monde, alors qui suis-je ? Au moins, je serai toujours le fils de ma mère, donc bonne fête maman !

C’est une éternelle mascarade qui se trame sans mascara.

Lansala Delcielo

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