Mercredi après midi, du côté de Créteil, plus précisément dans les grands bâtiments de la maison des syndicats, on pouvait y apercevoir une star. La star c’était bien évidement le père noël ! Mais quel bon vent l’amène ici dans le Val de Marne ? Il est venu distribuer ses cadeaux, mais pas à n’importe qui. Les enfants tout contents de recevoir leurs cadeaux l’ont bien mérité, car ces derniers temps ont été mouvementés pour eux. Ils ont certainement dû voir le matraquage médiatique sur eux sans comprendre grand-chose de ce qui se passait, certains ont peut être vu papa ou maman chassés de force du lieu où ils vivaient, eux-mêmes ont dû quitter leurs domiciles sans explications. Et du jour au lendemain, ils se sont retrouvés à devoir dormir avec des centaines d’autres personnes dans un gymnase. Ces enfants avec déjà un passé bien agité ce sont bien entendu les enfants expulsés du squat de Cachan. Le Conseil général du Val de Marne a pensé à ces enfants et a organisé un petit noël pour eux. Un véritable rayon de soleil pour des centaines de sourires à la clé. Tous les enfants de l’ancien squat de Cachan étaient conviés à recevoir un cadeau remis par le père noël lui-même, en personne. Depuis tout petit, je me demandais de quelle couleur était le père noël, maintenant j’ai ma réponse, le père noël est noir !

Les enfants appelés par leurs noms au micro viennent tour à tour prendre leurs cadeaux des mains du père noël et pendant ce temps, les adultes se retrouvent autour d’un merveilleux buffet. Je rencontre Mr Coronas, directeur de cabinet du président du Conseil général, qui résumera l’initiative : « Le père noël est un peu le symbole, le prétexte pour retrouver une convivialité, d’autant plus qu’ils sont aujourd’hui dispersés sur 50 lieux différents». Aujourd’hui, les expulsés dorment dans des hôtels, des foyers de la Sonacotra, ou de demandeurs d’asile. Pour la moitié qui a des papiers, le processus de relogement est en cours, par contre pour les autres, tant qu’ils n’ont pas de papiers, ils n’ont pas de solution. Ils ont pour le moment un passe-droit de 3 mois, mais après… D’après un des rares blancs de la salle que j’ai croisé, (il soutenait les familles lorsqu’ils étaient au gymnase)les familles qui n’ont pas de papiers ont très peu de chance d’être régularisées car ils n’auraient pas les critères pour vivre en France. En posant quelques questions directement aux concernés, je me rends compte du fait qu’ils ne savent pas pour combien de temps ils vont rester dans leurs logements provisoire, si ils auront des papiers ou pas, et donc qu’ils vivent au jour le jour. Je demande ensuite combien sont les enfants, et Mr Coronas me répond : « 138, mais à chaque fois, on a l’impression que ça augmente ! » Les enfants sont très nombreux et très jeunes, et plus d’une centaine ont moins de 6 ans, pourquoi tant de tout petits je ne sais pas. En faisant mon petit sondage auprès des petits, le plus grand que je trouve n’a que 5 ans et demi. Curieuse statistique.

Lorsque l’on aborde le thème de l’école, on devait s’y attendre, mais pour certaines familles, il y a de grosses difficultés pour la scolarisation des enfants. Certaines familles étant loin de Cachan, celles-ci n’ont pas d’autres solutions que de devoir faire de grands trajets pour emmener leurs enfants à l’école à Cachan car ils n’ont pu les réinscrire ailleurs. Les parents font énormément d’efforts à ce niveau là, ce qui n’empêche que ce n’est qu’une partie d’entre-eux qui se rend à l’école. Ils adressent un grand merci à tous les bénévoles qui ont participé à l’évènement et soutenu les familles pendant les mauvais moments. Les grands médias, à ma surprise, je ne les ai pas vu, ils n’étaient pas là. Forcément, des gens qui dorment dans un gymnase, c’est beaucoup plus intéressant que ces mêmes gens qui fêtent noël. On n’en parle pas quand ça va bien (mieux), c’est dommage, car l’immigration sera l’un des grands enjeux pour longtemps. Quoiqu’il en soit, les enfants ont été très heureux cet après midi, ils ne pensaient certainement pas au gymnase, ni aux photographes, ni aux policiers, et ils ont pu tous ensemble fêter un peu en avance un noël chaleureux…

Chou Sin

Chou Sin

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