Comment s’intégrer dans une nouvelle famille avec une culture complètement différente de la notre. Certains y arrivent et trouvent leur bonheur et cela donne un très beau métissage. D’autres font des choix douloureux pour vivre avec l’âme soeur. 

Dans certaines familles, la mixité culturelle reste encore un très gros problème. Mireille, 27 ans, béninoise d’Aulnay sous bois nous raconte comment son copain est tombé fou amoureux d’elle, alors que sa famille ne veut pas l’accepter à cause de sa couleur de peau. « Je suis avec un français depuis 6 ans. Il s’appelle Ludovic. Nous nous sommes rencontrés lors d’un dîner organisé à l’occasion de son anniversaire. Pendant toute la soirée, Ludo me regardait avec admiration. Il est venu me parler à la fin de la soirée. Nous nous sommes revus quelques temps après pour aller au cinéma. Il m’a tout de suite plu. Il est très attentionné, romantique et à l’écoute. Par contre, il y a un véritable problème avec ses parents. Ils ne m’ont jamais appréciée. Ils n’aiment pas les noirs. Cela a mis une distance entre eux et leur fils, car Ludo ne supporte pas les gens qui jugent sans connaître autrui. Il n’a pas revu ses parents depuis près d’un an. Il allait les voir pendant un moment mais leur point de vue n’a pas changé. Ils étaient absents lors de notre mariage, ils ne sont pas venus voir leur petite fille qui a un an maintenant. Je trouve cala triste, car Ludo est malheureux malgré tout. Il en veut à ses parents de ne pas faire d’effort pour connaître sa femme et sa fille ».

Pour Sylvain, 30 ans, breton de Romainville, tout est différent, sa fiancée fait partie de la famille et il l’aide au mieux pour s’intégrer. « Je suis fiancé à une asiatique depuis deux ans. Nous nous sommes rencontrés en Thaïlande pendant mes vacances. A mon retour en France, c’était vraiment difficile. Je ne pouvais pas rester une journée sans l’avoir en ligne ou par MSN. Elle est venue me rejoindre voilà huit mois. C’est dur pour elle de s’intégrer mais elle fait énormément d’efforts. Elle est trilingue, intelligente et belle. Nous sommes fiancés. Ça se passe très bien avec ma famille. Le mariage est prévu pour l’année prochaine ».

Yolande, 25 ans, Bondynoise, a connu beaucoup de difficultés. A présent, tout va pour le mieux, son copain est fier d’être avec une africaine. « Je vis en couple avec un français depuis bientôt cinq ans. Au début c’était un peu dur pour moi pour m’adapter, car la culture n’est pas la même et il y a aussi les regards des autres. C’était difficile pour moi à supporter. Il est bien intégré dans mon milieu. Il est à l’aise partout où l’on va et adore manger les plats de chez moi. Parfois, j’oublie qu’il est blanc. Nous avons un beau petit garçon de deux ans ».

Ces trois témoignages nous montrent à quel point la différence culturelle est encore source d’obstacles et de préjugés dans notre société. Yolande, Ludovic et Sylvain ont fait des choix, ils les assument au quotidien, au prix parfois, de la rupture avec leur famille. C’est sans doute le passage obligé pour vivre pleinement leur passion amoureuse.

Essi Gnaglom

Essi Gnaglom

Articles liés

  • À Paris, la Modest Fashion fait le show et s’engage

    Pour la première fois en France, un événement dédié à la mode pudique a vu le jour. Organisé par l’agence et média Modest Fashion France, l’événement « Modest Fashion Summer Session » s’est déroulé du 7 au 8 mai 2022. Étoffes chatoyantes, clientes enjouées, talks à thèmes et défilés étaient au rendez-vous. Retour sur un événement aussi stylé que politique.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 16/05/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 11/05/2022
  • Objections, des poèmes pour raconter les comparutions immédiates

    Le 15 avril est paru Objections, Scènes ordinaires de la justice, un livre de l’historien et poète, Marius Loris Rodionoff. Il y raconte en poèmes les comparutions immédiates auxquelles il a assisté entre 2015 et 2019, dans les Tribunaux de grande instance de Paris, Lille et Alençon. Un livre percutant dont les portraits qui s’enchaînent nous montre la misère sociale et la violence de cette justice ordinaire qui condamne et emprisonne chaque jour. Critique.

    Par Anissa Rami
    Le 10/05/2022