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Qui n’a jamais un jour rêvé de jouer les Maggie Fitzgerald dans Million Dollar Baby ou Diana Guzman dans Girlfight ? On aime souvent rêvasser devant notre écran de télévision, s’imaginant  avec délectation terrasser notre pire ennemi avec la même facilité. Mais quand on se retrouve sur le ring pour la première fois, avec ses jambes de danseuse et ses mains qui n’ont jamais tapé autre chose que les touches d’un piano, c’est une autre histoire. En même temps, chatouiller une championne, ça ne se produit pas tous les jours ! Je m’apprête à vivre un grand moment et par-la même, me ridiculiser devant des millions d’internautes… Mais commençons par le commencement.

Rendez-vous à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, au lieu dit des Quatre Chemins. Loin de l’agitation du quartier, l’entrée d’un club de boxe anglaise : Boxing Beats. Sa devise : « Par le poing naît l’espoir, de l’espoir naît l’histoire ». Une histoire qui se créée rapidement avec un palmarès pour le moins impressionnant. Avec, entre autres, 19 titres nationaux en boxe féminine amateur et trois titres européens depuis sa création en 1999. Des noms tels que Lucie Bertaud, Karima Oukala ou encore Sarah Ourahmoune. Cette dernière collectionne les titres prestigieux : triple championne de l’UE, sept fois championne de France et championne du monde en 2008.

La salle est décorée de fresques signées par l’artiste Baye-Dam Cissé. Des boxeurs aussi impressionnants les uns que les autres sont peints en pleine action, leurs visages marqués par l’effort et les coups. Les valeurs de la boxe sont inscrites un peu partout parmi lesquelles, le courage, le respect, la détermination.

Ici, 74 filles s’adonnent au plaisir pugiliste. Loin des blondes légères à petit chien, des femmes, des vraies. Elles sont belles, elles sont jeunes et ont une pêche d’enfer. Dans un milieu considéré comme viril, on pourrait s’imaginer que les femmes peinent à trouver leur place. Pourtant, certaines filles préfèrent combattre avec des hommes. Saïd Bennajem qui s’occupe de la salle et entraîne Sarah Ourahmoune, travaille essentiellement avec des femmes désireuses d’apprendre et de progresser : « J’adore bosser avec les filles parce qu’elles sont sérieuses, elles sont déterminées et donnent tout ce qu’elles peuvent pour y arriver. »

Ici, surtout pas de traitement de faveur. Pendant que deux filles travaillent leur technique au shadow-boxing, une autre s’exerce aux pattes d’ours avec son entraineur. Plus loin, Sarah Ourahmoune s’entraîne avec coach Bennajem. Une championne a toujours besoin de bons conseils ! Rapidité, force et précision sont exigées pour celle qui espère se qualifier pour les JO de 2012. Si au début de sa carrière Sarah a entendu certains machos lui demander de retourner à ses fourneaux, aujourd’hui, son parcours lui vaut l’admiration des boxeurs masculins de la salle.

Le cœur sur la main, et bientôt ma tête dessus, cette championne accepte de m’apprendre les rudiments de la  boxe. Le rêve ! Je mets les gants pour l’affronter. Voir la raclée dans le reportage vidéo si dessous….

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Aude Duval et Idir Hocini

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