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A Bondy comme sans doute dans de nombreuses autres contrées de banlieues, les habitants rebaptisent leur quartier. Petit tour d’horizon.

Le long de l’ancienne rue Louis Auguste Blanqui, le « dix » a subi bien des évolutions ces dernières années. D’abord une division de la barre en deux avant l’an 2000, puis une modification du nom de la rue devenue rue Martin Luther King. Un ancien du « dix », Kader, raconte avec nostalgie l’un de ses meilleurs souvenirs : « A l’initiative des habitants de la cité, on organisait des tournois de foot avec nos propres moyens. On invitait nos potes des autres quartiers de la ville, ceux du nord et du sud. A la fin, le vainqueur du tournoi gagnait des paquets de gâteaux pour lesquels tout le monde avait cotisé. Mais l’équipe gagnante partageait ! L’essentiel était d’avoir passé un super moment entre jeunes ! ». Aujourd’hui, on dit toujours « le dix » pour parler de cette cité.

Nommée ainsi en référence au célèbre quartier populaire d’Alger, la cité Bab El Oued a été construite dans les années 1950 pour accueillir les arrivants algériens qui logeaient jusqu’ici essentiellement dans les bidonvilles de Nanterre. Au départ, le Bab El Oued de Bondy ressemble au Bab El Oued d’Algérie.
Dans les années 1980, il devient l’une des plaques tournantes des trafics de drogue et par conséquent l’un des quartiers chauds du département. Il a aussi ses Hittistes (ndlr : de l’arabe « hit » qui signifie mur, les Hittistes désignent les chômeurs qui tiennent les murs toute la journée). Un ancien emploi jeune raconte que « même les élus et les fonctionnaires de l’OPHLM de Bondy, lorsqu’ils traitaient les dossiers, disaient Bab El Oued pour parler de ce bâtiment ! ».

Similaire aux autres immeubles à dix étages, le « Dix des Gaulois » fut surnommé ainsi en opposition à Bab El Oued car pendant longtemps, les locataires de ce bâtiment au milieu des autres étaient tous français (de souche). Aujourd’hui, les Gaulois sont partis, mais le nom demeure.

Non loin de là on trouve la Cité Rouge, parce que les bâtiments sont construits de briques rouges. Encore plus au sud de Bondy, le quartier pavillonnaire des « Cottages Connexion ». Par analogie aux constructions anglo-saxonnes, ses habitants prennent soin de prononcer le nom de leur quartier, « Cottages », avec l’accent British.

De l’autre côté de la ville, à Bondy Nord, se situe une grande partie des logements sociaux et des habitations de type F5 et F6. Pratiquement chaque bâtiment a son nom. Les plus connus étant le Radar, du nom d’une ancienne superette du même nom qui y était installée ; le Bleu, pour la couleur qui n’est plus ; le Carré, en raison de l’agencement des immeubles ou encore la Cité Perdue. Celle-ci se situe en effet au fond du nord de la ville, isolée du reste des quartiers, on dit aussi avec ironie à son sujet que la nature y a repris le dessus.

 

Hanane Kaddour

Hanane Kaddour

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