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Comme chaque premier vendredi du mois, nous vous présentons #LesBâtisseurs sur les ondes de France Bleu Paris (107.1). Pour ce quatrième numéro, c’est Hadj Khelil qui est à l’honneur. Entrepreneur de 44 ans implanté à Aulnay-sous-Bois, fondateur de Bionoor et de Big Mama, ancien trader de La City à Londres, président de l’association Connex’Cités, professeur d’intelligence artificielle à Sciences Po Paris… Hadj Khelil a plusieurs cordes à son arc et la volonté de réussir et de faire réussir les jeunes issus des quartiers populaires chevillée au corps.

De trader à… agriculteur bio

Né en Algérie et arrivé en France à l’âge de 2 ans, Hadj Khelil a grandi et vit toujours dans le quartier des Oiseaux à Drancy. Après de brillantes études, de Sup de Co à Paris à l’université d’Oxford, il entre dans une salle des marchés, à Londres. Il y travaillera pendant quatre années. « J’étais le collègue de Kerviel, je ne l’ai jamais vu mais on avait le même patron ! » dit-il, amusé.

À 27 ans, il quitte cette « vie de soldat à bosser comme un fou » et ressent le besoin de retourner en Algérie après 15 ans d’absence. « C’était comme une thérapie », explique-t-il, apaisé. Là-bas, il fonde Bionoor, une entreprise de production et d’importation de dattes en reprenant les plantations de sa famille. « On a introduit l’agriculture biologique en Algérie ». Les locaux de son entreprise se situent au cœur d’un quartier populaire, la cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois. « Pour moi, la cité des 3 000 c’est l’endroit idéal (…). Le problème n’est pas de trouver les talents mais l’enjeu c’est de les retenir ».

Des dattes à la data, il n’y a qu’un pas

Une idée obsède Hadj Khelil, celle de vouloir changer le monde ! Et pour cela, il revient à ses premiers amours, les mathématiques, et lance Big mama. L’entreprise d’intelligence artificielle, nommée ainsi en référence à la big data et au Big Brother d’Orwell, prouve que l’on peut faire de la data éthique. « La data, c’est l’or de demain. On développe des logiciels algorithmiques, des robots qui font mieux que les hommes ! »

Tisser les liens de la réussite via Connex’Cités

Ses compétences, ses expériences et son réseau, Hadj Khelil décide de les mettre à disposition des jeunes issus des quartiers. Il fonde alors l’association Connex’Cités en 2007. L’idée ? Créer du lien entre talents des banlieues et chefs d’entreprise ou étudiants de grandes écoles. « Ça fonctionne sur l’échange et le partage du savoir de chacun, les excellences et capacités respectives ». Avec l’idée au bout de « faire mentir le déterminisme », explique Hadj Khelil. Son parcours en est la parfaite illustration.

Rencontre avec un homme au parcours inspirant en compagnie de Leïla Khouiel, qui a réalisé son interview en février dernier, et Laurent Petitguillaume.

 

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