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Il est fin mais sa tête est large, il est beau, se décline en différents coloris, taille mini ou extra-longue, et fait un maximum de bruit. C’est mon objet de l’année 2010 : le vuvuzela. Instrument à vent propre à l’Afrique du Sud, il devient célèbre le 11 juin lors du lancement de la Coupe du monde de football. Bien que là-bas le bruit qu’il provoque soit aussi banal que les chants ou sifflets de supporters chez nous, il a cassé les oreilles des téléspectateurs durant toute la compétition. C’était comme si les matches se jouaient dans une ruche d’abeilles.

Sur place, c’était une ambiance de folie et à moins d’avoir un vuvuzela envoyant sa mélopée juste derrière soi, cette corne n’était pas vraiment gênante dans les stades sud-africains. J’en ai rapporté quatre dans mes bagages et je dois dire que mon petit frère s’est éclaté tout l’été par la fenêtre. On a reçu des réclamations de voisins parce que leur marmot dormait. Des types qui avaient pris le même vol de retour que moi en ont ramené par vingtaines. Ils pensaient pouvoir les écouler en France afin de mettre de l’ambiance dans les stades mais manque de pot, ils y furent interdits.

Interdits de stades, mais jen connais pas mal qui soufflent dedans par leur fenêtre quand leur équipe fétiche marque un but. Certains voulaient en faire un business, les importer via un fournisseur sud-africain et les revendre ici mais le niet de la Fédération française de football a eu raison de leur enthousiasme. Les vuvuzelas ont donc servi à animer les manifs de septembre et octobre contre la réforme des retraites.

De toute façon, c’est sacrément difficile de sortir un son de cette trompette en plastique. J’ai réussi à en produire un le jour où j’ai atterri à Paris. Un semblant de son, plutôt. Nul, vraiment nul. En Afrique du Sud, des petites filles d’à peine quatre ans en étaient virtuoses. Honte à moi. Cet objet aura été une belle découverte, j’étais ravie de voir ces commerçants sud-africains heureux de vendre autant de vuvuzelas grâce au mondial, jusqu’à rupture de stock. D’autres gens en fabriquaient à partir d’un simple tube en plastique ou d’un manche à balais creux. C’est mon objet de l’année, et pour tout ce qu’il représente, je l’aime.

Inès El Laboudy

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