« acharnement » alors que plusieurs de ses proches et elle-même ont été auditionnés par les forces de l’ordre durant la journée.

« Ils veulent nous écraser par tous les moyens mais le combat peut durer dix ans, on ne lâchera pas. On ne lâchera jamais« . Assa Traoré ne baisse pas les bras. Ce mardi 28 février, le comité de soutien à la famille d’Adama Traoré organisait une conférence de presse au Centre International de Culture Populaire (CICP), à Paris, pour dénoncer un « acharnement de la part de l’État, des forces de l’ordre et de la justice« .

Déjà condamné en décembre à huit mois de prison ferme et incarcéré à la maison d’arrêt du Val-d’Oise pour des faits d’outrage, de menaces de mort et de violences envers les forces de l’ordre, Bagui, l’un des frères d’Adama – mort le 19 juillet lors de son arrestation par des gendarmes – a été placé en garde à vue, à six heures du matin, dans le cadre d’une enquête de tirs sur des policiers à Beaumont-sur-Oise. Des faits qui auraient eu lieu en juillet dernier. Le parquet a précisé que cette garde à vue portait sur des « faits de tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’ordre publique ».

« Au delà de Bagui, c’est tout une famille, tout un quartier, que l’on met sous pression »

Assa Traoré, qui a elle-même été auditionnée ce mardi 28 février dans le cadre de cette affaire pendant « plus de trois heures« , réfute catégoriquement ces accusations. « Aujourd’hui, on parle de tentative d’assassinat, ce qui voudrait dire que Bagui a prémédité son acte, c’est complètement fou. On a déjà utilisé l’outrage et la violence, qu’est-ce qu’on va lui reprocher demain ? s’interroge-t-elle. Bagui est un témoin clé du meurtre de son frère Adama. On veut fragiliser son témoignage, le discréditer. On veut le détruire psychologiquement« , assure la jeune femme. Samir Bbaloudj, membre du comité de soutien, dénonce lui « une machine judiciaire pour casser la mobilisation« .

La mère d’Assa ainsi qu’un autre de ses frères, Youssouf, ont également été entendus par les forces de l’ordre. « Au delà de Bagui, c’est tout une famille, tout un quartier, que l’on met sous pression. Comment peut-on expliquer qu’une maman de 70 ans ait été auditionnée pendant quatre heures ?« , se désole Samir. « La mère du fils de Bagui est en garde à vue à Toulouse. Les gendarmes ont accompagné le fils à l’école avec la mère menottée« , rapporte Assa.

Assa Traoré appelle à une « révolution ensemble » 

Le comité de soutien a annoncé la tenue d’une manifestation à Beaumont-sur-Oise ce samedi, sans donner plus de détails. Un de ces membres demande une « mobilisation de tous les quartiers populaires« . Assa Traoré, elle, appelle à une « révolution ensemble, et pas seulement des quartiers populaires » pour faire « plier cette mauvaise France, anti-démocratique, qui néglige une partie de sa population« .

Assa Traoré conclut la conférence de presse en réclamant la justice pour Adama, pour Bagui, mais aussi pour Théo, jeune Aulnaysien de 22 ans violé par la police à la suite d’un contrôle.

Kozi PASTAKIA

Articles liés

  • La Brigade des mamans contre les amendes abusives de leurs enfants

    Dans de nombreux quartiers, les jeunes sont victimes d'une nouvelle arme sur-utilisée par les agents de police : les amendes. Parfois lancées sans même avoir rencontré les jeunes. Un phénomène à l'origine du surendettement de nombreuses familles. Pour se prémunir de ce fléau, à Belleville (Paris), des mamans veillent et sortent dans la rue jusque tard pour protéger leurs enfants. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 22/10/2021
  • Nouveau code pénal de la justice des mineurs : une réforme en trompe l’oeil

    Le nouveau code pénal de la justice des mineurs confond-t-il vitesse et précipitation ? Entrée en vigueur depuis le 30 septembre dernier, la réforme compte rendre plus efficace la prise en charge des mineurs par la justice sans pour autant s'accompagner une hausse conséquente des moyens pour les services de protection judiciaire de la jeunesse. Décryptage.

    Par Rémi Barbet
    Le 12/10/2021
  • 30 ans de prison pour celui qui a tué Johanna Lazzari

    Depuis le 13 septembre 2021, la cour d'assises de l'Essonne (91) examinait le recours de Jérôme C., sourd, condamné pour le meurtre de Johanna Lazzari, malentendante, en 2016. Issue de la communauté sourde et signante, la famille de la victime a poursuivi un long travail de mémoire pour faire reconnaître Johanna comme une victime des violences conjugales. Reportage.

    Par Meline Escrihuela
    Le 27/09/2021