Etudier dans une carte postale, au coeur du quartier latin, peut avoir des inconvénients. Mais avec un peu de recul, la Sorbonne, ça le fait.

Toute la journée c’est le même manège. Les mêmes touristes qui prennent en photo une façade. Les mêmes qui supplient des vigiles de les laisser entrer dans les bâtiments malgré les panneaux interdisant les visites. Les mêmes, encore, qui s’émerveillent et qui contemplent les années d’histoire des bâtiments de la Sorbonne. Le quartier et principalement l’université sont des lieux incontournables du tourisme parisien et y être étudiant relève parfois du parcours du combattant !

Tout commence dans le RER, où la station Saint-Michel ne désemplit pas au fil de la journée. Touristes et étudiants se croisent, les uns pressés de découvrir une jolie part du patrimoine parisien et les autres en retard pour le cours de Monsieur Durand dans l’amphi Michelet à 14h. Deux mondes. Deux mondes qui cohabitent sans communiquer.

Ensuite, sur le chemin de la fac, on n’échappe pas à ces mêmes touristes, perdus et qui tentent désespérément d’obtenir des indications face à des étudiants souvent trop pressés ou qui ne comprennent tout simplement rien au brassage linguistique anglo-franco-espagnol. Palme à ce touriste allemand ou hollandais qui me gratifia d’un magnifique « S’il vous plait, where is le Sœur-Bonne ? », auquel je n’ai pu répondre que par un éclat de rire !

Après, vient l’épreuve de la place de la Sorbonne, continuellement bondée, surtout par beau temps. Ici, les flashs crépitent. Vers l’université, mais aussi vers les étudiants à la recherche de quelques instants de pause entre deux cours ! Je ne critique en rien les belles avenues de Bondy city ou le quartier fantastique de Porte de Clignancourt dans lesquels j’ai effectué le reste de mon parcours scolaire, mais comment dire… ça change !

À quoi peuvent-ils bien penser tous ces gens ? « Qu’est-ce qu’ils ont de la chance ces Français » ou encore « C’est quand même beau Paris ». Quant à nous, étudiants, on passe devant les bâtiments, dans les couloirs sans se rendre compte de l’endroit ou l’on est et des années d’histoire qui nous contemplent. Je vous le disais, deux mondes… Alors, permettez-moi un petit peu d’autosatisfaction, tout de même, parce que ce n’est pas donné à tout le monde d’évoluer dans un tel milieu. Je suis étudiant à la Sorbonne, fier de l’être et heureux de me balader au milieu de touristes envieux !

Jonathan Sollier

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