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Maison de l’écologie populaire Verdragon, Banlieues Climat ou encore Ghett’up… Ces dernières années en France, de plus en plus de mouvements écolos issus des quartiers populaires voient le jour, mais surtout, les questions et revendications écologiques de ces zones se font plus entendre. Et il était temps, les personnes précaires ou vivant en banlieues sont les premières concernées et touchées par les enjeux écologiques. Mais paradoxalement, ces voix sont souvent invisibilisées face à une écologie encore trop dans un entre-soi blanc et bourgeois.

À travers une collection de différents textes, analyses, et exemples dans le monde : exil forcé, esclavage, chlordécone, agent orange, Kanaky ou encore Palestine, « Terres et liberté – Manifeste antiraciste pour une écologie de la libération », donne la parole à des chercheurs, militant.e.s, enseignant.e.s ou encore artistes. Tout en faisant appel à des pensées et visions de Maria Lugones, Thomas Sankara ou Frantz Fanon.

L’écologie, comme un outil de libération

Le livre expose entre autres des intersections de luttes et les liens entre ce que subissent les populations des quartiers populaires (et du « Sud »), le capitalisme, le colonialisme, le pillage coloniale des terres et les conséquences désastreuses sur les environnements des pays ayant subi contre leur volonté la présence des États colonisateurs au fil des années, et l’instrumentalisation de l’écologie par le fascisme, la droite réactionnaire et l’extrême droite. Il est question de l’importance de repenser l’écologie face aux inégalités et injustices écologiques via des actions. Elle est vue comme un outil de libération. Notamment parce qu’elle englobe des luttes antiracistes et anticoloniales.

« À nous d’être ces racines résistantes dont fleurissent l’amour et la libération

L’écologie serait un moyen d’autodétermination permettant de « réenchanter » les terres spoliées, « abandonnées », mises de côté par les pouvoirs en place en cultivant sur ces mêmes terres. Mais pas que. Les actions de sensibilisation, d’informations et de  combats menés permettraient de créer des « joies militantes », des liens de solidarité et de se réapproprier ces espaces.

Nous arrivons à cet écrit : « L’écologie du sud est donc simultanément une écologie d’alternatives (face à la crise) et une écologie de résistance (face à l’hégémonie de l’écologie occidentale) ». Il nous est rappelé que c’est « à nous d’être ses racines résistantes d’où fleurissent l’amour et la libération ». En soi, un appel à la mobilisation pour s’émanciper et se libérer de ce qui nous est imposé grâce à l’écologie.

Christiane Oyewo

Ouvrage collectif paru aux éditions LLL (Les Liens qui Libèrent) le 14 février 2025, sous la direction de Fatima Ouassak avec : l’association A4, Norman Ajari, Omar Alsoumi, Myriam Bahaffou, Amzat Boukari-Yabara, Arturo Escobar, Malcom Ferdinand, Maya Mihindou, Shela Sheikh, le collectif Vietnam Dioxine et Nadia Yala Kisukidi.



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