Face à l’accès aux soins, nous ne sommes pas tous égaux. Voici le constat étayé qui ressort d’une étude présentée par la Défenseure des droits le 6 mai dernier. « Si les refus d’accès aux soins restent la forme la plus connue et manifeste, les discriminations peuvent survenir à toutes les étapes de la prise en charge », précise la Défenseure des droites, Claire Hédon.
En 2022, seules 224 plaintes ont été déposées auprès des ordres professionnels, et 31 saisines transmises à la Défenseure des droits. Un écart important au vu des plus de 1 500 témoignages recensés dans ce rapport qui apporte « un éclairage nouveau sur la grande variété des critères et des situations de discrimination ».
Des effets délétères sur les patients
Parmi les critères discriminants, la Défenseur cite : le handicap, le sexe, l’état de santé, l’apparence physique, l’origine, la particulière vulnérabilité résultant de la situation économique, l’orientation sexuelle ou encore la religion des patients.
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La Défenseure des droits alerte sur les conséquences de ces discriminations qui « ont des effets délétères sur la bonne réalisation du parcours de soins ainsi que sur la santé physique et mentale des patients concernés ».
Les conséquences de ces discriminations peuvent avoir, dans les pires des cas, des effets dramatiques. À la fin de l’année 2024, Meggy Biodore, une jeune femme d’origine guadeloupéenne, est morte d’une méningite foudroyante après avoir contacté successivement le SAMU et les pompiers. Malgré des symptômes inquiétants, les deux services n’ont pas jugé nécessaire de se déplacer.
Des témoignages édifiants
Dans les services des urgences, le rapport souligne une « sous-évaluation de la gravité des symptômes exprimés par les femmes ». Une patiente s’est ainsi vu refuser un frottis « sous prétexte que je n’étais pas sexuellement active avec des hommes », le médecin jugeant que « ce n’était pas nécessaire ».
On m’a refusé des soins en invoquant un manque de temps et des locaux inaccessibles
« On m’a refusé des soins en invoquant un manque de temps et des locaux inaccessibles », témoigne un patient en situation de handicap. Un adolescsent autiste de 15 ans se voit refuser un scanner à la suite d’un accident de voiture, un membre du personnel jugeant que « c’est trop compliqué avec les autistes ».
La dernière partie du rapport s’arrête sur les solutions à apporter. La Défenseur des droits préconise la création d’un Observatoire national des discriminations et des sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives ». Si les biais discriminants ne sont pas toujours conscients, « la discrimination, telle qu’elle est définie par la loi du 27 mai 2008, pourra être sanctionnée, que cette inégalité de traitement soit consciente ou non », précise le rapport.
Halima Taieb Amara