« En banlieue, ça fait vingt ans qu’on est “gilets jaunes”. » En présentant Les Misérables à Cannes en mai dernier, Ladj Ly avait interpellé Emmanuel Macron pour lui proposer de venir découvrir le film dans sa cité de Montfermeil. Le président de la République l’a finalement vu sur DVD courant novembre. Et il en aurait été « bouleversé », à en croire le JDD. Un indiscret qui a fait bondir les acteurs de terrain, qui ne digèrent pas la façon dont le chef de l’État a balayé, en mai 2018, les travaux menés par Jean-Louis Borloo.

Cette séquence a marqué les esprits et elle continue plus d’un an après à masquer la politique de la ville du gouvernement. Depuis le début du quinquennat, « tout ce qu’on a fait n’a pas toujours été bien fait, mais ce qui est sûr c’est qu’on a énormément travaillé », se défend Julien Denormandie, ministre en charge de la ville et du logement, qui débat avec Mohamed Mechmache, porte-parole de l’association ACLEFEU et président de la coordination nationale Pas sans nous.

Interrogés par Ellen Salvi de Mediapart et Ilyes Ramdani du Bondy Blog, les deux hommes abordent la question des violences policières (1’50), au cœur du long-métrage de Ladj Ly, avant de revenir sur les débats autour du voile, du communautarisme et de l’immigration, qui ont pollué la rentrée et ont poussé Mohamed Mechmache à quitter le « Conseil présidentiel des villes » créé par l’exécutif pour trouver des solutions pour les quartiers populaires (15’49).

Le militant se dit « fatigué d’avoir alerté pendant des années ». Il en a « marre de ne pas être entendu »« On continue de nous traiter comme des exceptions », regrette-t-il face à Julien Denormandie qui assure de son côté vouloir porter une « politique de réussite républicaine ». Dans la deuxième partie de l’émission, tous deux reviennent dans le détail sur les urgences vieilles de trente ans qui minent les quartiers populaires et les moyens nécessaires pour résoudre enfin celles-ci : rénovation urbaine, services publics, école, asphyxie des associations, discrimination à l’embauche…

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