Sur le fil

Esther Benbassa : "Les pauvres, on y pense seulement quand il y a des émeutes"

Garde à vue, Politique Mercredi 28 novembre 2012

Par Hana Ferroudj

Fred NAUCZYCIEL/Opale

Pourquoi avoir créé cet événement du Pari(s) du Vivre ensemble 2012 ?

L’association Pari(s) du Vivre ensemble fait tous les ans une grande action consacrée aux banlieues, aux discriminations ou à l’esclavage. Cette année, nous avons pensé qu’il était presque obligatoire, puisque la gauche est au pouvoir, de rappeler que les banlieues existent et qu’on y attend l’égalité. Et que faire remplir des questionnaires, comme le fait aujourd’hui le ministre de la Ville François Lamy, ne suffit pas. Avec Jean-Christophe Attias (co-fondateur de l’association), nous avons donc créé cet événement où les acteurs qui s’occupent de la banlieue, mais aussi les représentants des pouvoirs publics, viendront parler brièvement de leurs projets. Sans lui, cet événement n’aurait pas pu avoir lieu. Il est sa cheville ouvrière.

Qui sont ces acteurs ?

Des jeunes entrepreneurs issus des quartiers, des artistes, et bien d’autres. Nous avons essayé de diversifier au maximum les invités. Nous avons aussi fait venir des jeunes issus des banlieues afin qu’ils se sentent à l’aise pour parler et poser des questions. Ce seront «  les assises des quartiers pour que l’égalité soit également maintenant ».

A qui s’adresse cet événement ?

Nous l’avons ouvert de manière spontanée à plein de jeunes qui viendront de partout pour présenter leurs doléances. Ils prendront la parole pour parler de leurs problèmes, de ce qui les inquiète, de leurs projets…Il y a déjà des centaines de personnes inscrites, qui seront là pour poser des questions sur leur présent et leur avenir. Elles tenteront d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur situation puisque le Ministère de la Ville a lancé deux questionnaires qui ne correspondent pas tout à fait  pas à l’état d’esprit des personnes concernées : il y a cinq ou six pages à remplir et les habitants devraient passer plusieurs jours à le faire. Je ne pense pas qu’il y aura beaucoup de réponses !

Quels seront les principaux thèmes abordés ?

D’abord l’éducation, la formation et l’emploi, mais aussi la sécurité, le logement, l’art et la culture. Autant de sujets qui concernent de près les personnes habitant ces quartiers, où chômage et pauvreté ne font qu’augmenter. Quatre tables rondes seront dédiées à ces questions. Et la ministre du Logement, Cécile Duflot, ouvrira ces journées en parlant de l’habitat.

Y a t-il de votre point de vue une actualité particulière pour traiter de ces questions ?

Je crois qu’il y a une vraie urgence. Le gouvernement n’a pas tenu ses promesses sur le droit de vote des étrangers, ni sur le délit de faciès. Il faut lui rappeler qu’il est temps qu’il commence à regarder de ce côté, puisque nombre d’habitants des quartiers ont voté pour lui.

Quelles seront les suites après ces deux jours ?

L’événement n’a pas encore eu lieu, et il faut d’abord voir ce qui va se passer. Nous allons tenter de rédiger un Livre blanc, qui sera distribué un peu partout. Nous essaierons ensuite de résumer en dix ou quinze points les doléances en vue de les publier et de les remettre au Président de la République, au gouvernement, et notamment à François Lamy. Les technocrates des ministères pensent que, dès qu’on remplit un questionnaire, la question est réglée. Je crois qu’ils n’ont aucune idée de ce qui se passe dans ces banlieues : il est donc utile de prendre la température de près.

Quels liens avez-vous avec les banlieues ? Pourquoi vous y intéressez-vous ?

Je travaille sur les banlieues depuis des années. Je suis moi-même une immigrée, puisque je suis venue en France en 1973 pour y faire mes études. Pour moi, c’est une sorte de devoir de travailler en ce sens pour aider ces gens, c’est un peu ma contribution personnelle. Aujourd’hui, je suis professeur d’université et sénatrice, mais j’en ai bavé et cela n’a pas été facile de réussir avec à la fois mon accent, mon origine immigrée et le fait d’être femme. C’est aussi une question d’affinité : je me sens proche de ces personnes, de leurs souffrances. Et comme je suis une voix qui peut être entendue, alors parfois, je crie, je m’énerve, j’interpelle… Toutes les semaines, dans ma chronique sur le Huffington Post, j’attire l’attention car à chaque fois, l’AFP reprend ces articles en dépêches, et donc, cela parvient dans les rédactions. Il me semble que c’est comme la pédagogie : il faut souvent répéter, car les pauvres, les démunis, on ne s’en occupe pas beaucoup. On y pense seulement lorsqu’il y a des émeutes, ou des élections.

Vous considérez-vous comme porte-parole sur la question des banlieues ?

Je ne suis pas une porte-parole, je suis une femme de gauche avec des convictions. Je n’avais pas besoin d’être élue sénatrice, car je gagne ma vie en tant que professeur à l’École Pratique des Hautes études (Sorbonne). C’est donc pour porter mes convictions que je suis allée au Sénat en 2011. J’étais le rapporteur de la loi sur le droit de vote des étrangers. C’est moi qui ai déposé la loi contre le contrôle en faciès afin qu’il soit accompagné d’un récépissé. C’est aussi moi qui ai déposé une loi pour qu’on supprime le carnet de circulation des gens du voyage. Et une autre sur l’abrogation du délit de racolage passif de la part des prostituées, que le gouvernement m’a fait retirer. Je suis une femme de convictions qui se bat. Peut-être que je ne réussis pas toujours, mais je ne baisse pas les bras.

Propos recueillis par Hana Ferroudj

Entrée gratuite sur inscription obligatoire : http://www.parisduvivreensemble.org

Les réactions des internautes

  1. Vendredi 30 novembre 2012 18:15 Hass Sédik

    Si elle croit qu'il y a que dans les banlieues que l'on vit mal et que seuls les français issus de la diversité souffrent ,elle se met le doigt dans l'oeil... A coté de chez-moi,en plein Paris, je connais une petite vieille qui vit seule avec 480 € par mois dans 12m2,sans chauffage central et sans eau chaude,elle a 97 ans et souffre de bronchite chronique... Mais bon,elle ne se révoltera jamais,comme nos SDF franchouillards célibataires ou divorcés qui ont cotisés pour certains 25 ou 30 ans mais qui ne seront reloger qu'une fois morts contrairement aux réfugiés politiques et aux familles immigrées clandestines qui à peine arrivés sur le territoire français leur passe devant en matière de logement et de prestations sociales!!! Mais bon il n'y derrière eux ni parti politique,associations comme SOS Racisme,le MRAP ou le Secours populaire,même le DAL s'en tamponne ces derniers temps parce que pour émouvoir le bobo moyen regardant la télé vautré sur son canapé,rien ne vaut une famille de malien ou de congolais s'exprimant dans un français hasardeux sur la patrie des droits de l'homme ,avec le bébé porté dans le dos... Les seuls qui les aident un peu c'est les Enfants de Don Quichotte et les identitaires français (soupe au cochon,entre parenthèse servie à qui en veut et non réservé aux seuls français comme l'affirme mensongèrement la presse de gauche).C'est scandaleux que dans ce pays les derniers arrivés soient les premiers servis mais nos politiciens ont décidé que le français moyen,appuyé par aucune assos ni aucun lobby était tout juste bon à cracher au bassinet et en cas de coup dur de crever la bouche ouverte...
    • Vendredi 30 novembre 2012 18:57 homer

      Bonsoir Hass Rien à dire t otalement d'accord avec vous :)
  2. Vendredi 30 novembre 2012 15:31 est elle francaise ???

    c est une grosse con… et je le revendique haut et FORT!!! quelle aille en Algérie critiquer le pays, dont la dictature sévit tous les jours. et en même temps,elle traitera le peuple algérien de raciste.nous allons voir dans quel état va se retrouver cette grosse CO.NNE.profession:Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne). non mais on est ou là?
  3. Jeudi 29 novembre 2012 19:44 bataille de Tourtour

    Le mépris de madame Benbassa pour le peuple imprègne même sa syntaxe:on ne doit pas dire "les pauvres,on "y" pense,etc.,mais on pense "à eux": ce sont,jusqu'à preuve du contraire,des êtres humains . Donc deux hypothèses envisageables: soit elle ne connaît pas les subtilités de la langue française (étrange étrange de la part de quelqu'un qui a fait des études supérieures de lettres modernes...); soit elle ne considère pas les habitants des "quartiers" comme des êtres humains.
  4. Jeudi 29 novembre 2012 13:00 Bondynoise

    " Je passe une partie de ma vie, avec mon compagnon Jean-Christophe Attias, au rapprochement entre Juifs et Arabes, sans trop d’illusions." "Sans trop d'illusions" . Pourquoi? http://www.estherbenbassa.net/
  5. Jeudi 29 novembre 2012 12:42 pauvre femme

    c est une grosse con... et je le revendique haut et FORT!!! quelle aille en Algérie critiquer le pays, dont la dictature sévit tous les jours. et en même temps,elle traitera le peuple algérien de raciste.nous allons voir dans quel état va se retrouver cette grosse CO.NNE.profession:Directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (Sorbonne). non mais on est ou là?!
  6. Jeudi 29 novembre 2012 11:37 Isabelle

    Eh oui Esther comme Coluche l'avait dit ce sera toujours plus difficile pour celui qui est petit, noir et moche mais cela est valable pour tous les pays du monde. Je vais faire comme Esther, moi, je vais aller vivre en Israël, en Algérie ou en Turquie, je vais faire de la politique et une fois que je serai sénatrice je multiplierai les interventions dans les médias pour expliquer que le pays qui m'a accueillie et sa population sont racistes.
  7. Jeudi 29 novembre 2012 02:28 dodo

    Les pauvres dont elle parle roulent en Porche Cayenne, je les vois venir à Genève pour s'acheter des fringues dans les boutique de luxes, ils touchent aussi les aides sociales bien sûr! Quesque c'est que ce gouvernement qui méprise SON PEUPLE!
  8. Jeudi 29 novembre 2012 02:23 dodo

    J'habite à Genève, je vais quitter cette ville où je suis né, parce que la délinquance est devenue insuportable! Cette délinquance est aujourd'hui majoritairement dû aux étrangers, dealers, voleurs, ils nous pourissent la vie partout, bagares, insultes, menaces, agressions et la police comme en France ne fait rien! Il y a en France, une consigne, les CRS ne doivent pas entrer dans les cités, pour ne pas mettre le feu, pendant ce temps, les pauvres habitants sont menacés par la racaille! On veut vraiment que tout ça finisse en guerre civile! c'est la méthode taubira tous copains tous complices! lire Nicolas Sennels sur yahoo!
  9. Mercredi 28 novembre 2012 23:57 bataille de Tourtour

    Pourquoi est-elle venue en France ? Et pourquoi y reste-t-elle,puisqu'elle déteste la France et les Français ? La France est (jusqu'à présent ) un pays de liberté,donc elle peut partir,personne ne la retient. Elle a fait ses études en France ? Merci la France. Elle a un boulot enviable en France (où elle est restée,surmontant sa répugnance) ? Merci la France. Si elle repart,beaucoup de Français d'origine, aussi capables qu'elle,mais au chômage,eux,seront tout contents de prendre sa place. Elle habite dans les "quartiers" ,j'espère ? Avec sa progéniture qui fréquente,ou a fréquenté, Janson de Sailly , pas de problème,pour les transports ? Elle a travaillé pour faire ses études ? Moi aussi, Française d'origine. Et nombre d'autres sont dans le même cas,qui ne passent pas leur vie à geindre,à récriminer,à pleurnicher,et à vilipender,fustiger, stigmatiser la France,et discriminer les Français,qui commencent à en avoir plus que ras le bol . De votre "vivre ensemble" dictatorial ,nous n'en voulons pas ,madame Benbassa :exportez-le dans vos pays d'origine, ,exportez diversité,mixité, et autres joyeusetés, ils vous réserveront certainement le plus chaleureux des accueils,et fichez-nous la paix. Votre "humanisme" de façade ne trompe personne:un outil électoral,rien de plus;une répugnante mascarade.
  10. Mercredi 28 novembre 2012 23:48 Christophe

    en tant que français de souche, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher ces étrangers de continuer à trahir la France qui les a accueillis.
  11. Mercredi 28 novembre 2012 23:45 Cath

    Madame Benbassa a TROIS nationalités : turque, israélienne et française. Incroyable ! Mieux que la binationale Najat Vallaud-Belkacem qui est au service du roi du Maroc ! Faudrait-il que la considérions comme un défenseur de notre pays ? Comme le remarquent des commentateurs, elle a l'air de ne rien connaître de la France en dehors de Paris et quelques banlieues où elle doit aller flatter son électorat. Ce colloque est organisé au Sénat avec notre argent. Quelle déception !
  12. Mercredi 28 novembre 2012 23:29 Isabelle

    En ce qui me concerne même si j'épouse un Israëlien je n'aurai jamais la nationalité israëlienne parce qu'elle se transmet par le droit du sang et ce sera le cas dans la plupart des pays du monde. La moindre des choses serait la réciprocité, que les ressortissants de pays qui n'accepteront jamais de donner la nationalité à un Français ne puisse acquérir la nationalité française. La nationalité française s'hérite ou se mérite. Regardez le résultat ! Combien de ces français de papier nous haïssent ?
  13. Mercredi 28 novembre 2012 23:28 Durieux

    Bondy blog..quelle rigolade ....
  14. Mercredi 28 novembre 2012 23:02 Charles

    Arrivée en 1973 et sénatrice ... Et ça pleurniche, ça gémit, ça geint ...
  15. Mercredi 28 novembre 2012 17:07 pauvre femme

    quelle c.... !!!!!
  16. Mercredi 28 novembre 2012 14:22 DANIELYVES

    Si je comprends bien il faut que le gouvernement s'occupe des "gens des cités" car "ils ont voté pour lui" et parce qu'ils foutent la trouille (les émeutes de 2005). Quant à la dénomination "pauvres" elle est tout à fait inadéquate dans la bouche de Me Benbassa. Les pauvres sont pour l'essentiel dans les campagnes et dans le péri-urbain lointain, et ne béneficient d'aucune aide ou assistance (ce qui permet à des sociologues de dire qu'il n'y pas de pauvres dans ces coins là CAR ils ne sont pas répertoriés dans les béneficiaires des subventions et aides diverses : CQFD. Il y a des problémes dans les cités mais ils sont dus au sur-investissement des pouvoirs publics, pas à leur absence. Il y a des problémes de pauvreté dans les banlieues ? Mais quand 200000 ou 250000 personnes entrent chaque année sur le territoire les poches vides , ça fait autant de "pauvres" (d'ailleurs trés vite pris en charge par tous nos systémes d'assistance). Me Benbassa pleurniche sur son parcours "difficile" d'étudiante, mais des la plupart des français "d'origine" connaissent les mêmes difficultés et ne geignent pas. Au lieu de choisir ses "bons francais" Me Benbassa, à la place où elle est , ferait mieux de penser à l'interêt géneral au lieu de trier les uns et les autres en fonction de leurs origines.
  17. Mercredi 28 novembre 2012 11:19 diego

    Si tu es venue en France ,si tu as profité en fFrance ,tu dois te dévouer à la France et non à la banlieue . L'honneteté c'est de rendre à qui vous a donné
  18. Mercredi 28 novembre 2012 07:26 a

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  19. Mercredi 28 novembre 2012 07:22 @$%^*

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