Montreuil : qui est Patrice Bessac ?

ELECTIONS 2014 jeudi 20 mars 2014

Par Bouchra Zeroual

MUNICIPALES 2014. Le candidat du Front de Gauche se dit loin des clivages et des discours de posture, se pose en rassembleur et détaille pas à pas ses priorités pour Montreuil. Cela suffira-t-il à le placer à la tête d’une équipe au second tour ?

Né à Agen « entre les pruneaux et les rugbymen », comme il le dit, Patrice Bessac est arrivé en région parisienne à 19 ans, à Noisy-le-Sec, puis s’installe à Montreuil en 2010. Il précise même la rue : « Quand je suis arrivé à Montreuil, j’ai vécu rue de la Renardière, quartier de la Boissière, à la limite de Rosny-sous-Bois et de Noisy-le-Sec. Maintenant je vis dans le quartier Paul Signac, rue de l’Hermitage ». Même précision, quand à la fin de l’entretien, il doit décrire son endroit préféré. Il réfléchit vingt secondes et se mouille : « Le théâtre de la Girandole est un endroit merveilleux pour voir une pièce et manger la pasta autour d’un petit verre de rouge. J’aurais envie d’en citer d’autres : les parcs de Montreuil… »

Quel héritage politique ? « Comme le dit le film, je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents communistes ». Il fait référence à son grand-père conseiller municipal divers droite d’un village de la région toulousaine, qui fait partie de « ces élus qui ont quasiment construit la salle municipale de leurs mains parce qu’il n’y avait pas assez de sous dans la commune, d’une période aussi où les problèmes se réglaient autour d’un verre de rouge sur une table de cuisine familiale, des gens qui aimaient beaucoup l’école publique qui trouvaient que le droit de chacun de s’instruire était un droit fondamental, donc des républicains. »

Il se targe aussi d’avoir connu Catherine Puig, ancienne élue montreuilloise, et d’avoir travaillé avec Marie-Georges Buffet, qui a été, comme il le dit, « l‘une des belles rencontres de ma vie. C’est une femme d’Etat. Et de fil en aiguille, je me retrouve élu au Conseil Régional d’Ile-de-France », où il siège pour un second mandat. À la question de savoir quelle est son activité professionnelle, il répond simplement : « Je suis conseiller régional d’Ile-de-France, j’ai quelques responsabilités au sein de mon parti et c’est là mon travail. » Cumulard, Monsieur Bessac ? « Non, répond la cheffe de la section du Parti communiste, Marie-Françoise Sanchez. Il s’est engagé à arrêter son mandat de conseiller régional, s’il est élu maire. » Mais la question reste posée s’il était adjoint ou conseiller municipal.

Il liste ses priorités, les actions censées le différencier des autres candidats. « Il y a un premier aspect, qui une question fondamentale de méthode. J’ai fait le choix, il y a un an et demi, de mener une campagne sereine, positive, sans agressivité contre les uns ou les autres. Je crois que la situation montreuilloise témoigne aussi d’un trop plein d’agressivité et de violences politiques. Je crois que c’est une situation anormale, et qui mène aujourd’hui à ce que, par exemple, des responsables associatifs, qui ont été aidés par la municipalité, aient peur, alors qu’ils font du bon travail, d’être saqués par la suivante. » Sur ce point, il propose « comme l’a fait Nicolas Sarkozy à l’échelle nationale, que la présidence de la commission des finances soit donné à quelqu’un de l’opposition. Ce qui marque la volonté d’être dans une transparence plus grande de nos institutions locales et donc d’un système plus ouvert. »

Et toujours sur la question de la méthode, Patrice Bessac se pose en rassembleur et veut la jouer collectif : « Moi je crois que l’un des grands défis pour la prochaine équipe est d’abord d’être une équipe, une équipe soudée, dans laquelle les adjoints principaux ont une autonomie et une responsabilité. » Selon lui, « pour réussir, les élus doivent accepter d’en perdre un peu (de pouvoir). Pour avoir le seul pouvoir qui compte qui est celui de faire et de trouver des solutions. Ça nous oblige à un rapport différent, à la fois entre nous mais aussi avec les acteurs sociaux. »

La seconde priorité : l’urbanisme, et par ricochet le défi de lutter contre la gentrification. Sa politique s’appuie sur le recours au logement social, un système de logements coopératifs et l’inscription de conditions spécifiques dans l’attribution des permis de construire. Il ne s’attarde pas sur le premier volet, mais prend le temps de définir ce qu’il appelle le Coop Logement : « On rénove, on construit, on met en accession à la propriété, on impose une condition et une seule à ceux qui achètent : s’ils doivent revendre, ils vendent à la coopérative au prix d’achat avec une plus-value raisonnable et non du marché. C’est une manière, en temps de pénurie pour les  finances publiques, de tout de suite remettre du pognon dans la caisse de la Ville et en même temps de créer un type de logement ni 100% public ni 100% privé qui échappe aux logiques du marché. » La Charte Promoteur est le pendant pragmatique de sa politique d’urbanisme : « A Saint-Ouen, ça marche : l’écart est significatif entre les deux villes. Cette charte imposerait aux promoteurs des prix moyens par quartier, des conditions écologiques et sociales. »

Quelle position au sujet du Grand Paris ? Un autre dossier jugé prioritaire auquel il compte préparer Montreuil et ses habitants, avec « un maire adjoint, qui avant même la mise en place du Grand Paris, consacrera 100% de son mandat à la préparation de cet enjeu ». Le Grand Paris, « c’est un fait législatif, c’est la loi de la République. Sur la forme, c’est la version la plus descendante, la plus autoritaire, la plus dure qui a été votée. J’aurais préféré plus de souplesse, plus d’esprit coopératif, moins de centralisation. Ce qui rend d’autant plus absurde les propositions de certains candidats qui disent de sortir de l’interco. Ce sont des paroles de campagnes électorales, des odeurs de bouche comme on dit dans certains pays, c’est-à-dire des choses qui n’ont pas de sens avec la réalité. »

Patrice Bessac se dit pour les débats d’idées. C’est pourquoi il a accepté celui proposé par l’équipe de Manon Laporte (candidate UMP-UDI-Modem) le 30 janvier dernier. « Chaque fois qu’on me proposera de débattre sur un sujet, je le ferai. Je répondrai à toute invitation de débat contradictoire de bonne qualité, qui ne soit pas un cirque sur soit des sujets précis, soit plus général, assure-t-il ». Pourtant, si des discussions sont en cours, elles ne sont pas de son initiative.

Évidemment, une campagne positive et non-agressive n’exclut pas quelques mots sur les autres candidats. Il résume la situation à Montreuil avec ces mots : « Il y a Jean-Pierre Brard, qui a été pendant 25 ans le candidat soutenu par les communistes. Il a décidé de faire une liste tout seul, de faire bande à part, de s’éloigner de ceux qui l’ont soutenu pendant 25 ans. Il y a eu des divisions dans le Parti socialiste qui conduisent à ce qu’il y ait trois candidats au total qui se réclament du PS : Ibrahim Dufriche, Mouna Viprey et Razzy Hammadi. » La division et les « égos hypertrophiés » d’un côté, sa liste, qui est « déjà une liste de rassemblement », de l’autre ?

Bouchra Zeroual

Les réactions des internautes

  1. lundi 31 mars 2014 01:03 Jany Favarel

    Patrice, bravo j'ai eu peur pour Montreuil mais me volà rassurée. Je suis heureuse de ton succès mérité face à des égocentriques (je n'en dirai pas plus pour ne pas être triviale). Pour raison de santé je suis depuis quelques mois un peu absente des activités politiques,. mais ,si je suis en forme, je viendrai fêter à Montreuil ton investiture. Et maintenant : bon courage pour le boulot qui t'attend à Montreuil; mais je suis sûre que tu sauras faire face avec talent. J'ai entendu dire que la campagne avait été violente et au raz des caniveaux. C'est lamentable.Malgré cela une majorité de montreuillois te font confiance. Bravo Je t'embrasse.Jany
    • lundi 31 mars 2014 18:55 baali

      Je vis à montreuil depuis 1964 ma fille est née à montreuil et dire que vous avez eu peur pour montreuil le mot un peu fort. Pour ma part c'est pendant le mandat de Mme Voynnet que j'ai eu peur et continuer son programme tel qu'il est me fait peur au point de tout faire pour partir de montreuil.Je n'ai rien contre monsieur BESSAC je ne le connais pas.Je connais mieux monsieur BRARD et je ne me plaint pas de ce qu'il a fait à montreuil.Toujours est-il qu'il y avait moins d'insécurité que depuis que madame VOYNNET a installer toute une population de personnes qui ne font qu'agresser verbalement!!!!!!!!!!!!!! et salir montreuil et qui ne donnent pas du tout l'impréssion de vouloir s'inserer.Ilsn'ont aucun respect pour les gens qui veulent vivre dans un environnement propre et aucun respect pour le personnel communal.Je vais certainement vous choquer dans mes propos mais pas plus que les votres dans votre méssage.J'espére que monsieur BESSAC écoutera les montreuillois car il ne faut pas oublier que sa victoire est dût à l'alliance qu'il a fait avec d'autres listes est n'a pas été élu avec beaucoup de différence de voix.
  2. mercredi 26 mars 2014 18:37 VASSEUR Christian

    Ayant voté pour Mr Bessac au premier tour des municipales à Montreuil, je tenais à le féliciter de sa 2ème place. Je me souviens que devant Simply j'avais discuté avec lui du 2 ème tour et il n'était pas question de s'allier avec les responsables de "la crise" à savoir le PS et EELV (comme le fait D. Simmonet dans le XX ème). Aussi je tiens à lui dire qu'il trahit la confiance que j'avais en lui, il n'avait pas besoin de cette alliance diabolique pour être élu maire. Donc j'en tire les conséquences et nous serons déjà 12 électeurs à avoir voté Bessac au 1er tour (on croyait au Front de Gauche) à voter BRARD. En espérant que celà servirat de leçon à ce jeune arriviste déjà pourri. Christian VASSEUR