[TOUTE PREMIÈRE VOIX] Atika El Mouafik, 21 ans, "si le vote blanc était comptabilisé, je n'irais jamais voter pour un candidat"

POLITIQUE jeudi 16 mars 2017

Par Célia Kadi @ceIia_

#PRESIDENTIELLE2017  Suite de notre série sur ces jeunes qui vont voter pour la première fois à une élection présidentielle. C’est le cas d’Atika El Mouafik. À l’image de nombre de ses congénères, la jeune étudiante avoue que si le vote blanc était comptabilisé, elle ne voterait pour aucun des candidats. En attendant, son choix se portera sur Benoît Hamon le 23 avril prochain.

Derrière ses longues boucles de cheveux et ses lunettes rondes, Atika El Mouafik est pensive. La politique ? L’étudiante en information et communication à l’université Paris 8 prend le sujet très au sérieux. Dans une poignée de semaines, la jeune femme de 21 ans votera pour la première fois à une élection présidentielle. “Ça n’est pas parce que nous sommes jeunes que nous ne pouvons pas comprendre les enjeux économiques, environnementaux, sociétaux… de notre pays. C’est pour cette raison que voter est primordial”. 

Elle aurait tout de même préféré avoir d’autres choix que les candidats actuels, “mais il faut faire avec…” Faire avec ce que l’on a. Hésiter. Douter. Voter ? Et pour qui ? Ce sont des interrogations largement partagées parmi les votants. Pas seulement auprès des jeunes comme on pourrait le croire, selon la femme originaire d’Angoulême. “Le sentiment de ne pas savoir pour qui voter ne concerne pas uniquement ma génération”, souligne-t-elle.

L’écologie au coeur de ses idées

Diplômée d’un baccalauréat scientifique après un parcours scolaire riche en voyages entre Lyon, l’Irlande et Belfort, c’est armée d’un BTS photographie décroché à Toulouse qu’Atika El Ouafi débarque à Stains, en Seine-Saint-Denis, pour suivre des études en info-com. La jeune sportive ne s’arrête jamais. Elle court après le temps, elle court pour la photo, le cinéma, elle court aux quatre coins du monde, elle court tout court, elle a 10 ans de handball derrière elle.

Atika se dit également très préoccupée par la question de la protection de l’environnement. “Je suis affiliée à la WWF [World Wide Fund for Nature], j’essaye de faire des missions quand je peux pour informer le grand public et cet été, j’aimerais bien intégrer Greenpeace”, raconte celle qui a changé toutes ses routines alimentaires et de consommation. “Arrêter les fast-foods, connaître la provenance de sa viande, acheter que des produits bio, préférer le vélo…”, décrit-elle. La politique peut avoir un impact sur ses habitudes de vie et donc sur l’environnement, veut-elle croire.

“Le vote est important, c’est un droit et ça devrait presque être un devoir”

Si souvent, la question de l’environnement familial se pose quand il s’agit des penchants politiques des jeunes votants, pour l’étudiante, il n’en est rien. Son orientation politique ne lui vient que d’elle-même, affirme-t-elle, et de l’image qu’elle se fait de la démocratie. “Dans mon monde parfait, il n’y aurait pas une personne au pouvoir pour en diriger d’autres !”, sourit-elle. Sauf que nous ne vivons pas dans ce monde-là. Dans le monde tel qu’il est fait aujoud’hui, nous devons voter. Le vote est important. C’est un droit et ça devrait presque être un devoir, parce que finalement toutes les voix ne sont pas entendues à mon sens. Chaque vote compte !”

Chaque vote compte, certes, mais le vote blanc n’est toujours pas reconnu, souligne-t-elle dépitée. Chacun de ses mots sont précis, choisis avec minutie. En attendant la reconnaissance du vote blanc, son choix s’est tourné vers le candidat qui est le plus proche de ses idées : Benoît Hamon. “J‘ai voté Hamon à la primaire de la gauche. Je voterai pour Hamon le 23 avril”. Le point de son programme qui l’a convaincue ? Le volet sur l’environnement ou encore le projet de revalorisation du travail l’ont séduite. “Pour tout dire, si le vote blanc était comptabilisé, je n’irais jamais voter Hamon”, confesse-t-elle.

Un vote par défaut, en quelque sorte. Elle craint surtout que l’abstention profite aux extrêmes. “Si on cherche à contrer un candidat, un parti, un programme, on est en position de défense donc on subit. Aujourd’hui, on subit la montée du populisme donc du Front national”.

Célia KADI