Avenir du Parti socialiste, éducation nationale, droit de vote des étrangers, reconnaissance de la Palestine… Nos trois blogueurs Ilyès Ramdani, Claire Diao et Balla Fofana ont abordé tous les sujets ou presque avec l’invité du deuxième numéro du BBC, Benoît Hamon. Le député des Yvelines, ancien ministre de l’Education et aujourd’hui qualifié de « frondeur » pour ses propos critiques sur la politique menée par le gouvernement, rejoint Nordine Nabili au comptoir pour le rituel du bar. Dès les premières questions, il explique pourquoi il a quitté le gouvernement « j’ai fait un choix que je ne regrette pas. Ce fut un honneur d’être dans un très beau ministère, celui de l’Education, mais j’ai dû prendre cette décision grave quand j’ai estimé que mes convictions n’étaient plus en conformité avec les orientations économiques prises par le Premier ministre ».

Taclé sur sa prétendue jeunesse politique (il a 47 ans et fait de la politique depuis 30 ans), le député des Yvelines ne prétend pas faire partie de la nouvelle génération « la représentation politique est assez figée. On passe notre temps à recycler un personnel politique aguerri, c’est une particularité française. Un Obama en France, c’est impossible ». Le bras de fer continue après l’édito de Latifa Oulkhouir qui rappelle les vraies préoccupations quotidiennes des Français. « Toutes les querelles au sein du parti peuvent paraître dérisoire. Mais si tout cela persiste c’est parce qu’il y a la crise », se défend le député.

Balla le relance sur son départ du gouvernement : pourquoi n’avoir pas critiqué le gouvernement quand il y était encore ? « C’est un vieux principe… ». « Ah non, vous n’allez pas nous ressortir ce vieux principe !, coupe Balla, il fallait parler avant de partir ». « Ce n’est pas faux », reconnaît Benoît Hamon.

Le débat se poursuit sur l’une des questions d’actualité abordées par Nordine Nabili et les blogueurs : la gauche est-elle toujours vivante ? Pour l’ancien ministre, le Parti socialiste peut mourir mais la gauche ne mourra pas. « Il y aura toujours la gauche car les valeurs comme l’égalité et la foi en le progrès sont de gauche ». Il revient sur les propos tenus par Idir Hocini pendant la conférence de rédaction « l’un des Bondy-blogueurs disait que c’est la flamme du Front national qui va faire renaître la gauche. Je n’espère pas ». Et de conclure sur ce sujet « on a fait des choix qui expliquent en partie ce qui se passe dans ce pays ».

L’émission se poursuit avec un reportage sur la situation alarmante des écoles en Seine-Saint-Denis permet d’évoquer le manque criant de profs dans le département. L’occasion pour l’ex-ministre de l’éducation de revenir sur son bref passage rue de Grenelle mais surtout d’aborder les nombreuses difficultés auxquelles fait face le 93, « entre la pauvreté, le problème des remplacements, le déficit d’image ». Il reconnaît qu’il n’y a pas suffisamment de moyens mis en place pour répondre au nombre croissant d’élèves. « On est très, très, très loin de ce qu’il faut faire dans ce territoire pour que l’égalité ait du sens à l’école ».

Avant « l’@ddition », séquence interview en face-à-face avec Nassira El Moaddem durant laquelle la journaliste a fait réagir l’ex-ministre sur la suppression des bourses au mérite, les blogueurs ont aussi tenu à revenir sur la question de la reconnaissance de la Palestine. À ce sujet, Benoît Hamon veut que l’Assemblée nationale adopte une résolution invitant le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine au côté de l’Etat israélien. Rien n’empêche « techniquement » François Hollande de sauter le pas. « En tant que parlementaire, je ne peux que soumettre une proposition à l’Assemblée pour débloquer la situation ».

Et sur la promesse électorale du Président de la République d’accorder le droit de vote des étrangers aux élections municipales : « Là-dessus, je veux y croire ». Nous aussi.

Leïla Khouiel

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