A Marseille, Jean-Claude Gaudin a été élu pour la quatrième fois consécutive à la tête de la mairie de Marseille. Les jeunes qui ont voté pour la première fois aux municipales n’ont connu que lui. Zoom.

« On prend les mêmes et on recommence », commente une femme dans la rue. La fin de la campagne des municipales a visiblement délié les langues à Marseille. Notamment, celle des jeunes de 20 ans qui n’ont connu que Jean-Claude Gaudin, à la tête de la mairie depuis 1994. Une présence qui n’a semble-t-il pas convaincu la plupart des jeunes Marseillais. « Il y en a qui pensent qu’il a fait beaucoup et d’autres estiment qu’il est temps qu’il parte », plaisante Nicolas, 19 ans qui s’est rendu pour la première fois aux urnes le 23 mars dernier.

Mercredi après-midi ensoleillé. A la terrasse d’un café, cours Estienne d’Orves, deux copines discutent en rigolant. Mais dès lors que la conversation est dirigée vers les dernières élections, le ton est plus sérieux. « Ce qui est sûr c’est que n’avoir connu que Gaudin ne m’a pas poussée à voter pour lui, décrit Cécilia. En plus, moi et la politique ça fait deux. » Pourtant la jeune femme qui vote dans le 6e arrondissement, où Jean-Claude Gaudin a été réélu maire de secteur sans difficulté, s’est donnée du mal pour son premier vote aux municipales : « J’ai regardé tous les programmes et j’ai voté pour celui qui m’a le plus convaincue », décrit-elle

« Le moins pire »

Sa copine Manon semble beaucoup moins convaincue par la politique marseillaise. « Le milieu politique est un peu particulier à Marseille, commente-t-elle. Pour moi, la politique c’est un sujet désespéré. » Affaires, dessous de tables, clientélisme, la politique marseillaise pâtit de son image. « Marseille… Comment pourrait-on faire changer les choses ? » lance-t-elle à la volée. Dans cet état d’esprit, beaucoup ont font le choix pour « le moins pire ». Nicolas est fataliste, « entre le FN, Mennucci et Gaudin, ce n’est pas un vrai choix. »

Imène et Malika, deux autres jeunes filles rencontrées en pleine conversation près du Vieux Port expliquent que faute d’intérêt, leurs entourages, famille et amis, ne s’impliquent pas dans la vie citoyenne. Et ils ne sont pas les seuls. A Marseille, près de 43% de la population n’a pas été voter au second tour, soit près de 180 000 personnes. Parmi eux, Imène et Malika justifient leur désamour de l’isoloir. « On nous promet des choses et ça ne change pas », regrette Malika. « Moi ce qui me gêne c’est qu’on ne voit pas les hommes politiques mais ils sortent pendant les élections », relève Imène. Malgré tout, elles sont partagées sur le choix de l’abstention. Si l’une est sûre de l’inefficacité de son vote, l’autre se pose tout de même des questions : « Si tout le monde fait comme ça, cela ne risque pas de changer », remarque-t-elle.

Si les jeunes ont globalement envie que la politique marseillaise évolue, les solutions envisagées pour le changement sont différentes : abstention, vote blanc, vote pour le principal parti d’opposition ou pour les petits partis… Ils sont en revanche d’accord sur les changements qu’ils souhaitent pour leur ville. En premier lieu, ils réclament plus de sécurité. Sont cités aussi la propreté et l’aménagement général de la ville. Enfin, les jeunes interrogés regrettent le manque de dynamisme de Marseille et le manque d’activités qui leurs sont consacrés.

Charlotte Cosset

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