[#PRESIDENTIELLE2017] En ce jour de scrutin pour l’élection présidentielle, le Bondy Blog s’est arrêté au Raincy, commune à droite, dans le bureau de vote de la mairie où les électeurs se sont massivement déplacés. Reportage. 

Une queue à n’en plus finir. Telle était l’attente, en début d’après-midi au bureau de vote de la mairie du Raincy. “Jusqu’à environ 12h30, la file d’attente atteignait facilement la grille du jardin de la mairie. On pouvait compter 5 à 8 mètres de queue”. explique Guy Contrastin, assesseur suppléant du bureau de vote, et fondateur du comité En Marche du Raincy. Si le bureau de vote faisait foule le matin, il n’en était pas moins, en début d’après-midi. A 14h30, les organisateurs indiquaient que sur les 1200 inscrits, 628 avaient déjà voté. Un bon chiffre compte tenu du taux d’abstention lors des dernières primaires.

« Mon premier vote, c’est symbolique »

Lucie, jeune lycéenne de 18 ans, ne voulait pas voter Nicolas Dupont-Aignan sans avoir son tampon sur sa carte d’électeur. “La sous-préfecture ne m’avait pas envoyé ma carte. Or, je ne me voyais pas voter sans elle. Mon premier vote, c’est symbolique. C’est pourquoi, ce matin, j’ai attendu pendant 4 heures à la sous-préfecture du Raincy qu’on me délivre enfin ma carte », précise-t-elle. Déterminée et se décrivant comme indéniablement citoyenne, elle aimerait que les adolescents de son âge suivent son exemple. « Je constate que les jeunes ne votent pas beaucoup. C’est dommage car nous aussi avons le droit à la parole. Si nous ne votons pas, les personnes plus âgées décideront pour nous », explique-elle. Guy Contrastin ironise quant à lui. « Le vote, c’est comme aller au restaurant, on est obligé de choisir. Si on nous propose une viande ou du poisson, et qu’on n’aime pas le poisson, on va choisir la viande, même si ce n’est pas celle qu’on préfère. Quoi qu’il en soit il faut voter”.

« Faire barrage au FN »

De son côté, Lauren, jeune diplômée en droit privé et en science criminelle, va encore plus loin : “Il y a un réel problème avec le vote’. La jeune femme de 24 ans explique que les Français ne font plus confiance en la politique. « Les citoyens sont de moins en moins sensibilisés par la politique. Ils s’abstiennent ou votent à la tête du candidat sans regarder leurs programmes ». Passant actuellement son concours pour devenir directrice en service pénitentiaire, la jeune femme affirme même qu' »au lieu de rassembler les Français, la politique les divise. Il suffit de voir le nombre de personnes qui entrent dans le cercle de la phobie contre l’islam ou contre les migrants”. Une raison qui la pousse d’ailleurs à « faire barrage au FN par ses convictions ». Lauren termine en expliquant que la filière qu’elle a choisie lui « permet de voir à quel point le droit de vote est un problème en France. Les détenus par exemple, ne peuvent pas voter, ils doivent faire une procuration. C’est complètement injuste, étant donné que la seule personne qui puisse les représenter, c’est le président de la République. Le vote devrait être obligatoire comme en Belgique, même s’il est blanc ».

Ici, les opinions politiques, celles qu’on a bien voulu nous déclarer en tout cas, sont assez diverses. Plusieurs d’entre eux ont avoué avoir voté pour Emmanuel Macron. « Lorsque j’ai lu son livre, je me suis dit qu’il avait volé toutes mes idées. Alors, je me suis mis à le défendre », explique, dans un sourire, le fondateur du comité En Marche au Raincy. Safia Z., mère de quatre enfants, a choisi Benoît Hamon. « Je trouve que même si ces idées sont idylliques, c’est celui qui a le plus beau programme. En votant pour lui, je peux faire reculer Marine Le Pen et François Fillon”.

Sabrina ALVES

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