MUNICIPALES 2014. À six mois des élections municipales, la campagne commence à prendre forme dans la ville d’Aulnay-sous-Bois. C’est dans cette commune de Seine-Saint-Denis que de gros enjeux vont être au cœur de l’élection de mars 2014, parmi eux, la fermeture et réindustrialisation de l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay. 

Aulnay-sous-Bois constitue une des municipalités bien situées en Seine-Saint-Denis, une ville importante dans le département du 93 qui bénéficie d’atouts considérables. Troisième ville de Seine-Saint-Denis avec plus de 82 000 habitants, la commune s’étend sur 16,2 km et « 260 hectares d’espaces verts représentant 16% du territoire » selon le site internet de la commune. Des grandes entreprises telles que le grand centre commercial O’Parinor, L’Oréal et PSA Peugeot Citroën. Malheureusement, la municipalité devra faire face, en même temps que les élections municipales en 2014 à la fermeture de l’usine du géant automobile. Cette fermeture constitue un des enjeux principaux de la campagne électorale, bien qu’il ne soit pas le seul, loin de là. Le Grand Paris, l’éducation, la sécurité devraient également prendre une place importante dans les débats.

Mars 2014 approche à grands pas. Quelques candidats déjà déclarés sillonnent les marchés, distribuent leurs tracts, font acte de présence aux différents évènements de la ville… Bref, ça reste tout de même relativement calme.

Quels candidats ? 

Tous les partis politiques n’ont pas encore désigné leur candidat fétiche ni pris de décision de ralliement. Le maire sortant Gérard Segura (PS), a annoncé sa candidature il y a quelques semaines. Maire d’Aulnay depuis mars 2008, il avait réussi à reprendre la ville acquise à la droite depuis une vingtaine d’années. Il inaugure sa permanence de campagne le 23 novembre dernier. À l’UMP Bruno Beschizza, conseiller régional d’Île-de-France et secrétaire national de l’UMP en charge de la sécurité a été investi, parachuté, à Aulnay par l’UMP en juin dernier. Le candidat de droite a même inauguré sa permanence de campagne il y a un mois.

À l’UDI, c’est Jacques Chaussat qui présente sa candidature. Conseiller municipal d’opposition et conseiller général de Seine-Saint-Denis, il a aussi été premier adjoint de Gérard Gaudron (maire UMP jusqu’en 2008, prédécesseur de Gérard Segura). Il se définit comme « le candidat du rassemblement des Aulnaysiens, du Centre et de la Droite républicaine » quand Bruno Beschizza se définit comme le « candidat d’union de la droite, du centre et de la société civile »… deux candidats à droite et au centre alors ?

Alain Boulanger, conseiller municipal indépendant, se lance également dans la campagne électorale. Il est notamment connu pour avoir présidé une association à Aulnay, CAPADE SUD, dont il a démissionné ce mois-ci. Parmi les candidats ont trouvera également Abdel Benjana, lequel a été destitué de ces fonctions il y a quelques mois. Cet ancien premier adjoint de Gérard Segura, a déclaré sa candidature en avril 2013 en présentant un nouveau parti le « Mouvement pour un Nouveau Parti Républicain » (MNPR).

Pour le Front de gauche et la Gauche Anticapitaliste hors de question de se rallier à la majorité municipale au premier tour. « Pour nous, il est temps d’affirmer que le Front de Gauche doit présenter une liste indépendante du Parti socialiste à l’occasion de cette échéance municipale, tant pour des considérations politiques nationales que locales » ont-ils écrit dans une lettre ouverte adressée aux militants du Parti Communiste Français d’Aulnay-sous-Bois le 20 octobre 2013. Ces derniers dénoncent une « politique nationale du PS calamiteuse » et expriment leur mécontentement face à la politique locale menée par la majorité municipale.

Au PCF, rien n’a encore été décidé, mais le renouvellement d’une alliance pourrait devenir d’actualité (le PCF s’est allié au maire PS, Gérard Segura en 2008 lui permettant ainsi d’avoir des élus au sein de la majorité municipale). Dans une lettre mise en ligne le 13 novembre sur leur site internet, les élus communistes d’Aulnay n’excluent pas un ralliement au PS : « empêcher la droite et les extrémismes qu’elle incarne de reprendre la direction de la ville, et, dans le même temps, opérer un rassemblement large à gauche sur des engagements de progrès social clairement annoncés, car la division est mortifère face à la droite et l’extrême droite ». Un rassemblement que le PCF accepterait sous certaines conditions qu’il énumère en quatre priorités dans ce courrier (démocratie, réindustrialisation du site PSA Aulnay à travers l’emploi industriel à fortes valeurs ajoutées, logement social comme une priorité tout en assurant sa décence et sa pérennité et éducation, entres autres).

Et du côté d’Europe écologie les verts, Alain Amédro, vice-président de la région Île-de-France et conseiller municipal d’Aulnay, vient d’annoncer sa candidature.

Imane Youssfi

 

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021