A la suite des émeutes qui ont attiré des regards hagards sur nos quartiers, le nombre d’inscriptions sur les listes électorales aurait grimpé en flèche. Ce sont, en majeure partie, les jeunes de 18 à 25 ans qui ont défrayé les chiffres, représentant effectivement 65% des inscriptions. Une prise de conscience citoyenne dont on peut se féliciter. La mobilisation de quelques célébrités, issues pour la plupart de la banlieue, tels Jamel DEBBOUZE, Lilian THURAM ou encore Joey Starr, y est en partie pour quelque chose. Et puis, à l’approche de l’échéance électorale de 2007, le spectre des élections présidentielles de 2002 hante encore les esprits, dont le mien. Cela fait plusieurs mois que je repousse au lendemain. Mais aujourd’hui, je me dis qu’il est temps, d’autant que le 31 décembre 2006, date de clôture des inscriptions sur les listes électorales, approche à grands pas.

C’est donc en parfaite citoyenne responsable que je me suis rendue à la mairie de Bondy, direction le service des élections. Mais très vite on m’annonce qu’il me manque beaucoup de papiers nécessaires à l’inscription… Je vais donc devoir remettre à un autre jour cette partie de plaisir avec l’administration, ce qui peut décourager plus d’un jeune…

« L’autre jour » arrive, et cette fois, je suis armée jusqu’aux dents. J’ai apporté avec moi toute la paperasse, le sésame qui m’ouvrira les portes de la démocratie dans sa dimension la plus expressive : carte d’identité, attestation d’hébergement des parents, pièce d’identité de l’attestant, justificatif de domicile et enfin tout justificatif au nom du futur électeur. Cinq minutes, cinq petites minutes : voilà ce qu’il a fallu attendre. Je demande à l’agent administratif si le nombre d’inscrits sur les listes a augmenté depuis l’année dernière : « Non, pas vraiment », répond-elle en regardant sa montre, visiblement pressée de terminer son service. J’insiste, essayant d’obtenir des statistiques. Mais c’est peine perdue, pas de documents officiels. L’on m’informe que je recevrai ma carte d’électeur au mois d’avril prochain.

Une fois sortie du bureau, avec le sentiment d’avoir accompli un geste civique, d’autres questions taraudent mon esprit : irais-je vraiment voter en 2007 ? Et surtout pour qui ?

Hanane KADDOUR

Hanane Kaddour

Articles liés

  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la course présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021
  • Racisme dans les médias : une banalisation qui perdure

    La rentrée médiatique a été le théâtre d’une nouvelle étape dans la banalisation du racisme télévisuel. Sous couvert de liberté d'expression avec la fameuse rengaine “on ne peut plus rien dire”, des propos racistes ont été tenus, sans que leurs auteurs n’en soient inquiétés plus que ça. Comment expliquer cette dérive ? Célia Chirol, qui prépare une thèse sur l’extrême droite, et Laurence de Cock, enseignante, chercheuse en sciences et histoire de l'éducation, livrent leurs éclairages. Analyse d'Hervé Hinopay.

    Par Hervé Hinopay
    Le 13/09/2021