Azouz Begag, ex-ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances dans le gouvernement Villepin, traverse-t-il une mauvaise passe ? C’est ce que j’ai tenté de savoir mardi soir alors qu’il était de passage au Blanc-Mesnil pour soutenir la liste PS/Modem. Mais sur le podium, face à un micro, il tient toujours la forme ! Avec l’OL – Lyon, sa ville –, il a filé la métaphore. Comme beaucoup d’autres ce soir-là, il était privé de match européen, pris par ses obligations. Il ne put s’empêcher de demander à plusieurs reprises où en était le score de Manchester United-OL.

« J’aime bien cette équipe de Lyon », dit-il. Mais ce qu’il aime en particulier dans cette équipe, c’est le talentueux Karim Benzema. « Aujourd’hui, il représente la France partout dans le monde, mais s’il y avait eu les lois de MM. Sarkozy et Brice Hortefeux quand ses parents sont arrivés en France, il n’y aurait pas eu de Karim Benzema. On est content aujourd’hui d’avoir laissé rentrer ses parents, hein ! »

Ce qui devait être un soutien à une petite ville de Seine-Saint-Denis se transforme en critique du gouvernement et du meilleur ennemi d’Azouz Begag, le président de la République. « Je n’aime pas les gens qui divisent les Français, qui veulent nettoyer les quartiers au kärcher ou qui utilisent le mot racaille. » Ah, M. Begag, j’aimerais vous rappeler ici que 53,06% des Français ne sont pas de votre avis et apprécient ce genre de personnage.

Son discours terminé, il est assailli, chacun veut être pris en photo avec lui. Il me faut l’extirper de tous ces fanatiques pour pouvoir lui arracher quelques mots. « Bonsoir M. Begag, c’est pour le Bondy Blog »« Mais je connais bien le Bondy Blog », dit-il. C’est munie d’une feuille et d’un stylo que je tente d’inscrire le plus vite possible les propos de mon interlocuteur qui tout en me répondant joue la star devant les objectifs. Le temps presse, la réunion est presque finie et Azouz Begag a déjà son manteau sur les épaules.

Je me lance : « Que pensez-vous de la façon dont le gouvernement a traité les évènements de Villiers-le-Be? » Sa réponse : « C’est la politique de l’insécurité vers laquelle veut revenir Nicolas Sarkozy, il a perdu la bataille économique, il a promis à tous les Français qu’ils allaient regagner du pouvoir d’achat et comme il ne peut pas tenir c’est promesses, je crains qu’il ne revienne vers une politique de l’insécurité en allumant le feu dans les banlieues. » Les craintes d’Azouz Begag sont aussi d’ordre international : « En décidant de mettre la pression sur l’Iran, il pourrait créer des risques d’attaques terroristes en France », affirme t-il.

Je lui demande ensuite ce qu’il pense de la diversité à la Sarkozy (Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara…). La encore, Azouz Begag se dit déçu : « C’est très bien, mais la diversité comme ça quand, il s’agit par ailleurs de défendre les idées de M. Sarkozy sur l’identité nationale française opposée à l’immigration, ça ne va pas. » Puis il ajoute : « Quand on est enfant de Sénégalais, d’Algérien, de Marocain, on ne peut pas défendre un ministère de l’identité nationale et de l’immigration, parce que les Français savent très bien que l’on parle surtout de l’immigration africaine et musulmane. » Pour lui, ce ministère à clairement été un moyen de se vendre aux électeurs du FN lors des présidentielles. « C’est ça que je reproche aux ministres de la diversité, c’est cette caution à cette politique raciste contre les Africains et les musulmans. »

Et la suite de votre carrière : « J’attends 2010, 2011 pour voir quels seront les nouveaux enjeux politiques, j’attends les prochaines élections présidentielles, affirme-t-il. J’attends le retour de grands intellectuels républicains tel que Dominique de Villepin, c’est ce genre d’homme politique que j’aime bien voir au gouvernement. » Et en passant, une pique dans l’épiderme du Béarnais François Bayrou, qui n’a pas souhaité qu’Azouz Begag se présente à la mairie de Lyon sous l’étiquette Modem : il ne croit pas aux chances de François Bayrou, ou de qui que ce soit d’autres, en 2012.

A ce propos, quand je lui demande pourquoi il n’est pas investi à Lyon, sa réponse n’est pas très claire, parle de pressions subies au sein du conseil général : « J’ai préféré partir. » Alors, il ne nous reste plus qu’à savoir ce que deviendra Azouz Begag dans le Modem. Ecoutez-le : « Toujours au sein du Modem en attendant et trois petits points », dit-il en rigolant.

Axelle Adjanohoun

Axelle Adjanohoun

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