Dans cet unique débat de l’entre-deux tours, j’ai trouvé, sans surprise, Nicolas Sarkozy plus offensif, même si je l’attendais plus virulent. Lorsque les journalistes posaient la première question à François Hollande : « qu’attendez-vous de ce débat ? », ce dernier répondait en regardant les journalistes et vaguement en face de lui. Tandis que lorsque la même question était posée au président sortant, lui répondait en fixant droit les yeux son adversaire de la soirée. Ainsi, la couleur était annoncée.

Durant toute l’émission, ce qui m’a le plus tracassé, c’était les prises de parole du candidat socialiste. Pas vraiment à cause de ce qu’il disait, mais par rapport à sa façon de s’exprimer. Le fait de parler avec une voix hésitante, qui change brusquement de tonalité et parfois qui bug, me perturbe et m’empêche de me concentrer sur ces propos. A l’inverse, Nicolas Sarkozy était constant dans sa voix et cela lui a permis d’être mieux audible. Ce qui est très important si l’on veut être écouté. Malgré des échanges vifs, l’ambiance du plateau n’était pas très exaltante. Mais j’ai quand même noté les hauts et les bas de chaque candidat.

François Hollande, m’a paru plus sur la défensive en abordant son programme nucléaire. Un programme que j’ai découvert justement. Il a été clair sur sa proposition de conserver 50% d’énergie nucléaire combiné avec 50% renouvelable, afin d’obtenir un bon équilibre énergétique. C’était très intéressant et cela m’a plu. Le président sortant, en voulant le caricaturer sur la fermeture de la centrale de Fessenheim a réagit en disant  « soit on ferme toute les centrales puisque qu’elles sont toutes dangereuses, soit on les fermes pas ». Il est passé pour un têtu qui ne voulait rien comprendre et entendre.

Sur l’affaire DSK, alors que  Nicolas Sarkozy l’a sorti en premier, le candidat Hollande s’en est bien sorti aussi. Quand ce dernier maintenait la pression, alors qu’on sous-entendait que lui et la gauche connaissait la vie privée de DSK,  « Et est-ce que moi aussi je connaissais sa vie privé ? Vous avez des sources de ce que vous avancez ? » J’ai trouvé qu’il a, pour la première fois, réussi à déstabiliser Nicolas Sarkozy, qui d’ailleurs à rapidement changé de sujet.

Le fait pour Nicolas Sarkozy d’être offensif et de mettre en avant son expérience l’a rendu très crédible. Sur l’Allemagne, il était convaincant en adressant à son adversaire : « Vous parlez en bien de l’Allemagne, mais quand je veux m’inspirer de ce qui marche là-bas, vous changez de position et vous n’aimez pas ! » Habile aussi sur les questions internationales où, grâce à son statut de président, il a pu survoler son rival qui n’était « plus habitué des dossiers ». Ces petites phrases assassines résonnaient bien aussi : « Vous voulez moins de riche, je veux moins de pauvre ».

Sur le vote des étrangers aux élections municipales, Nicolas Sarkozy a bien profité de la naïveté de François Hollande, en disant qu’il pouvait y avoir un risque de repli communautaire et de problème identitaire. Car si la proposition du candidat de gauche passe, des villes comme Grigny ou Montfermeil, où les populations d’origines immigrés sont très présentes, seront vite dépassés par les événements. Déjà qu’elles le sont déjà…

Aussi, à ma grande surprise, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’ils parlent de l’islam. Je sais qu’il s’agit d’un sujet qui passionne beaucoup de monde en France, y compris moi-même, et qui devrait justement nécessiter d’une vraie discussion publique, sans approche partisane. Mais cette religion n’avait rien à faire dans le débat.

Un Sarkozy offensif, mais qui ne sort pas vainqueur. Un Hollande défensif, mais qui ne paraît pas écraser son adversaire. Bref, je m’attendais à plus d’échanges accrocheurs avec des thèmes abordés plus inédits. Je me suis carrément ennuyé vers la fin.

Prosith Kong

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