Rachida Dati porte-parole de Nicolas Sarkozy, Najet Belkacem porte-voix de Ségolène Royal. Bleu Blanc Rouge d’Argenteuil récupéré par le candidat de l’UMP, AC Le Feu de Clichy-sous-Bois courtisé par la candidate du PS. Sarko et Ségo : ils ont chacun leur étendard de la diversité – à quand une Diversity Pride ?

Ça, c’est pour l’affiche. Mais l’affiche a une histoire. Rachida Dati, de parents franco-marocain, a un parcours « républicain » exemplaire, comme l’atteste le portrait que lui a consacré Libération le 18 janvier. Bardée de diplômes (sciences éco, droit, Ecole nationale de la magistrature), c’est elle qui a voulu intégrer l’équipe de Nicolas Sarkozy. Najet Belkacem a des parents marocains. Elle est élue régionale socialiste de Rhône-Alpes et candidate aux législatives face à l’UMP Dominique Perben. Sa nomination dans l’équipe de campagne de Ségolène Royal serait due à des pressions amicales du maire de Lyon, Gérard Collomb, et de la « communauté » marocaine, qui estimerait que les « Algériens » sont surreprésentés au PS.

Les associations maintenant. Bleu Blanc Rouge (BBR), explique son porte-parole Tarek Mouadane, a été fondée à Argenteuil suite aux émeutes dans les banlieues. Très vite, des liens ont été noués avec le ministre Sarkozy, qui était passé là en octobre 2005, y lâchant son mot de « racaille ». « Personnellement, affirme Tarek Mouadane, je ne roule pas pour Sarkozy, mais avec Sarkozy. Ce sont ses idées qui m’intéressent. Quant à l’association proprement dite, elle est pluraliste: certains de ses membres sont favorables au candidat de l’UMP, d’autres sont proches des socialistes. BBR, comme d’autres associations du Val-d’Oise, a touché une subvention publique. Nous, nous avons perçu 20 000 euros. Ce n’est donc pas l’UMP qui nous paie, comme certains essaient de le faire croire pour nous salir. »

En décembre 2006, BBR faisait un pas symbolique important en se rendant Place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, pour participer à une journée « banlieues » organisée main dans la main par BBR et le service de presse de Nicolas Sarkozy. « Et alors ? reprend Tarek Mouadane, cela ne veut pas dire que BBR a fait allégeance à Sarkozy. L’UMP nous a ouvert son carnet d’adresses. Ce qui nous importe c’est de trouver des débouchés professionnels et des filières d’études intéressantes pour les jeunes dont nous nous occupons. »

Mohamed Mechmache, le président du collectif AC Le Feu, dément tout lien avec le PS et Ségolène Royal en particulier. « On ne soutient personne, contrairement à BBR qui soutient Nicolas Sarkozy », affirme-t-il. Soit, mais la candidate socialiste, elle, soutient AC Le Feu. Lors de son discours de Villepinte, le 11 février, elle a cité deux fois le nom de cette association, dont elle a signé le contrat social et citoyen, mardi 27 février, à Clichy-sous-Bois (cf. photo). Si l’on ne peut parler de ralliement du collectif à Ségolène Royal, il y a clairement récupération par elle de l’œuvre de l’association, notamment de son « cahier des doléances », dont la démarche s’inscrit dans son concept de « démocratie participative ».

AC Le Feu est né dans la tourmente des émeutes de 2005, après la mort de Bouna Traoré et de Zyed Benna. « Nous avons d’abord travaillé avec le soutien financier d’autres associations, qui ont bien voulu nous donner un coup de main, explique Mohamed Mechmache. Cette année, nous avons fait une demande de subvention de 15 000 euros au Conseil général. Nous avons pour l’heure touché la moitié de la somme. »

Lundi 5 mars, AC Le Feu repart sur les routes de France à la rencontre des quartiers.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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