Lorsqu’on a appris que Najat Vallaud-Belkacem, la toute nouvelle ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, se rendait à Pantin pour soutenir Elisabeth Guigou, on a voulu savoir ce qu’en pensaient les habitants. Direction les Courtilières, une cité de Pantin, et théoriquement lieu de visite de toute la petite troupe. Quelques enfants jouent au foot devant une tour. Les plus grands tiennent les murs. Ils n’ont aucune idée de la visite de l’après-midi et comme la politique ne leur fait « ni chaud ni froid », ils m’invitent rapidement à quitter leur aire de jeu.

Leur ignorance quant à la venue de Vallaud-Belkacem et Guigou est toute légitime.  Finalement – et contrairement à ce qui était énoncé dans le communiqué de presse – point de visite des Courtilières aux « pieds des immeubles ». Mais plutôt une rencontre avec les habitants au sein de la Maison de quartier. Lorsque je questionne l’actuelle députée de Bondy et sa circonscription sur ce changement de programme, la voilà qui bafouille une réponse et puis s’en va.

Retour à la maison de quartier.  « Najat », comme tous se plaisent ici à l’appeler, fait son entrée en scène. Quelques journalistes sont présents. Les flashes des appareils photos crépitent. Chacun veut avoir sa photo avec la nouvelle ministre. C’est elle la star du jour. Elisabeth Guigou prend le micro. La foule qui lui fait face n’a rien à voir avec les jeunes que nous avons rencontrés plus tôt. La moyenne d’âge doit frôler la cinquantaine.

L’ancienne ministre se félicite de la victoire de François Hollande et remercie la nouvelle de sa venue. Et celle ci de lui rendre la pareille. En tout, la prise de parole dure à peine 5 minutes. Puis, il est temps de répondre aux journalistes et de prendre des photos, encore et toujours. Pas d’anicroches. Ah si, peut être cet homme qui prend à partie Bertrand Kern, le maire de Pantin, qu’il accuse de ne se préoccuper que des bobos de sa ville. Plus de peur que de mal. « Najat » et Guigou s’en vont, flanquées de Kern.

La deuxième étape est fixée à quelques centaines de mètres plus loin, à Aubervilliers cette fois. Au fort d’Aubervilliers, la foule qui encercle Belkacem et Guigou grossit. « C’est qui ? » glisse un homme. Ici tous ne les connaissent pas. Mais ceux qui savent font encore une fois tout pour avoir leur photo aux côtés de l’une ou l’autre.

Tout le monde se dirige ensuite vers un grec. C’est là que nos deux jeunes femmes doivent donner leur discours. Les journalistes sont partis. L’assemblée d’une centaine de personnes qui se tient devant les intervenants n’a pas l’air difficile à convaincre. Beaucoup sont des sympathisants socialistes.

Pendant près de 45 minutes, Belkacem, Guigou, Kern et Jacques Salvator, le maire d’Aubervilliers, reviennent sur les grands chantiers qui attendent la gauche et sur la nécessité de donner au PS la majorité à l’Assemblée. Un homme les interpelle. « Et le vote des étrangers ? » Réponse en chœur des intervenants qui se prononcent en faveur, pour les élections municipales. Puis vient le tour de la ministre des Droits des femmes, qui égrène les problématiques auxquelles elle va devoir faire face. Le harcèlement sexuel, les violences faites aux femmes… La route est encore longue. Du résultat des législatives dépendra la vitesse à laquelle la gauche pourra la parcourir.

Hugo Nazarenko-Sas

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