Souvent, chez nos chers jeunes de quartiers, la politique se limite aux noms de Sarkozy, Royal et Le Pen. Alors quand, boum, on bouscule les choses et parle de « Besancenot », les yeux se plissent. Certains avouent rapidement ne « rien connaître à la politique ». D’autres, plus curieux, sont impatients de découvir la personnalité de cet homme. On leur fait donc un topo. Enfin, il y a ceux à la pointe de l’actu. Ils sont rares.

Dihiya, 16 ans, cheveux tressés, des yeux bleus perçants. La jeune fille habite Saint-Denis, elle est en première littéraire. Le matin, Dihiya écoute France Culture et le week-end, elle regarde « Ripostes » sur France 5. Dimanche dernier, l’invité était Olivier Besancenot. Pour elle, « il est clair, contrairement à d’autres hommes politique ». Et puis, si pour Noel 2009 elle recevait une carte électorale avant l’heure, elle « voterait pour lui sans aucune hésitation ». Le dirigeant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) aurait alors trouvé une électrice. « J’estime, continue-t-elle, que la nouvelle génération est obligée de se préoccuper de l’écologie », l’un des piliers du programme du NPA. « Les gens le connaissent peu ici, il n’est pas assez médiatisé et on n’est pas assez informé », affirme Dihiya.

Thibault, jeune homme à lunettes, estime qu’Olivier Besancenot « est le meilleur de tous les gauchistes puisqu’il arrive à amasser les foules ». Les derniers chiffres l’attestent : déjà 9000 adhérents pour le nouveau parti ! Thibault avoue avoir un esprit « plus à droite » et pour lui, le jeune candidat de la défunte LCR à la présidentielle de 2007 et probable candidat du NPA à celle de 2012, est « trop communiste ». Et puis, « le capitalisme, ça sert », ajoute-t-il, l’air sérieux.

Avec son jeune âge, ses nombreuses prises de position, son vocabulaire sec et abordable (par rapport à Sarkozy expliquant la crise économique), Besancenot devrait, pense-t-on, avoir une cote de popularité dépassant les 70% dans les quartiers. Malheureusement pour ceux qui le soutiennent, ce n’est pas vraiment le cas. « Il est dans le rêve et me rappelle la maison de Mickey », ironise Inès. Habitante d’Aubervilliers, Inès déclare, du haut de ses 17 ans, que « les projets de Besancenot ne sont pas réalisables ».

Qui replantera l’olivier ?, demande Wallen dans l’un des ses tubes. Besancenot, pardi ! Il dissout la LCR, crée le NPA et compte sur les adhésions pour mesurer « l’envie de changement » des Français. Il veut constituer « un front anti-Sarkozy » et se hisser comme le principal opposant au gouvernement. Le postier de Neuilly a tout, a priori, pour séduire les jeunots de banlieue : des avis pro-palestiniens en veux-tu en voilà et des rapports étroits avec certains rappeurs de la « zone ». Mais qu’on se le dise une bonne fois pour toutes ! C’est plus qu’un agité de circonstance qu’attendent les habitants des cités.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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