Le huitième parlement des banlieues se tiendra au palais des sports de Bondy, samedi 25 novembre 2006 à partir de 10H. Organisé par l’association Agir Pour la Citoyenneté, il sera introduit par Ségolène Royal qui y fera sa première sortie de candidate officielle à l’élection présidentielle.

Supprimer la sectorisation universitaire, exonérer de charges toute entreprise embauchant des jeunes chômeurs de moins de 30 ans issus des quartiers, voici quelques unes des 19 propositions du parlement des banlieues qui s’est tenu au Sénat en décembre 2005.

Le principe est clair, réunir des centaines d’acteurs de terrain de toute la France (animateurs, responsables associatifs, élus de quartiers…) pour débattre et surtout pour proposer un plan d’action concret pour restaurer des conditions de vie dignes dans les quartiers populaires.

Au programme de la journée de samedi, l’éducation, le logement, la sécurité et l’emploi. Les propositions qui émaneront  de ces rencontres seront portées au gouvernement, à l’opposition, aux syndicats et au MEDEF.

A six mois des présidentielles et un an après la crise des banlieues, ce parlement a une intonation particulière et si Ségolène Royal vient à Bondy samedi prochain, c’est qu’elle sait bien qu’elle ne pourra éviter le sujet brûlant des banlieues durant sa campagne.

Karim Zéribi, président fondateur d’APC le sait parfaitement. En visite à Bondy lundi soir pour régler les derniers détails, il a répondu aux questions du Bondy Blog. 

Pourquoi avoir créé le parlement des banlieues ?
Pour redonner la parole aux habitants des quartiers populaires et faire en sorte qu’ils se réapproprient le débat qui les concerne. J’ai toujours pensé qu’on ne pouvait pas faire pour les habitants des quartiers sans les habitants des quartiers. C’est une agora populaire qui doit favoriser la volonté de se prendre en main et d’être partie prenant dans les débats politiques de notre pays.

C’est la 8 ème édition. Que sont devenues les propositions qui sont sorties des précédents parlements ?
Elles ont permis de démontrer que les acteurs de terrain étaient en mesure de formuler des propositions politiques concrètes. J’avoue que nous avons eu droit jusqu’à présent à une forme d’indifférence de la part de tous les politiques même si j’ai constaté que certains d’entre eux reprenaient ici et là nos propositions dans le désordre.

Après Marseille, Paris, Vénissieux…..pourquoi Bondy ?
Parce que c’est une ville symbole du 93, très concernée par les questions évoquées à chaque parlement. Parce que le maire de Bondy s’est intéressé à ce que nous avons fait jusqu’à présent et qu’il nous a proposé de faire ce parlement à Bondy, un an après ce qu’on appelle la crise des banlieues. J’espère que les Bondynois et les autres viendront nombreux.

Ségolène Royal sera présente samedi 25 novembre pour la clôture, que pensez-vous de la gestion du problème des banlieues par le PS depuis une vingtaine d’années ?
J’estime que face à l’enjeu qui consiste à la fois à responsabiliser les habitants des quartiers mais aussi à leur donner une dignité et une reconnaissance, la réponse des politiques y compris de la gauche n’a pas du tout été à la hauteur. C’est pourquoi nous avons intitulé ce parlement des banlieues « la gauche et les quartiers populaires, rupture ou nouveau départ ? ».

Ségolène Royal affirme vouloir incarner le renouveau, nous attendons beaucoup de sa posture et du regard qu’elle portera sur nos quartiers.
 

Plus que des mots, ce sont des actes que nous jugerons.

Ce parlement marquera le troisième déplacement de Ségolène Royal à Bondy en moins de sept mois. Nous avons contacté son service de presse, la mairie de Bondy et les organisateurs de ce parlement pour obtenir une interview de la candidate par les Bondy Blogueurs.

Affaire à suivre…

Mohamed Hamidi

Pour s’incrire : PARLEMENT DES BANLIEUES

Mohamed Hamidi

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