Annoncé la semaine dernière dans la presse, le conseiller régional UMP Bruno Beschizza briguera le mandat de maire aux prochaines élections municipales en 2014 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Pas de primaires et l’UMP Locale semble bien l’accepter.  

L’info est tombée mardi dernier à l’AFP. Bruno Beschizza, conseiller régional UMP a été investi par la commission nationale d’investiture de son parti politique dans la ville d’Aulnay-sous-Bois. Un parachutage  pour cet ancien officier de policier et ancien secrétaire général du  syndicat « synergie officiers ».

Marié et père de cinq enfants, cet homme politique qui a vécu à Montreuil (Seine-Saint-Denis), était étudiant en classe préparatoire des grandes écoles (maths sup, maths spé) avant de réussir le concours d’officier de la police nationale. « A 20 ans, j’étais à mille lieux de m’imaginer dans une carrière politique. » Il s’était aussi présenté aux élections législatives de 2012 dans la troisième circonscription du département, face à Michel Pajon (député PS et maire de Noisy le Grand).  Il perdait au deuxième tour, face au candidat sortant, réélu à 60,38% des voix.

« Jean-François Copé et Valérie Pécresse ont pensé à me faire venir ici », explique-t-il, lorsqu’on lui demande ce qui l’amène dans cette ville, qui vit la fermeture de PSA Peugeot Citroën depuis un an.

Pourtant, à Aulnay-sous-Bois,  d’autres candidats locaux étaient pressentis et avaient déposé leur candidature, comme l’ancien maire Gérard Gaudron et Franck Cannarozzo (tous deux conseillers municipaux d’opposition). Le choix est fait, pas de primaires et Bruno Beschizza défend son point de vue sur ce mode électoral : « c’est un outil moderne mais un rituel qui fait que l’autre est un adversaire, on tape pour faire mal et la droite n’est pas dans ce rituel » et ajoute : « je n’arrive pas comme une star à Aulnay-sous-Bois ».

Pas encore Aulnaysien, le politique voudrait prendre le temps de rencontrer les habitants et de définir un programme : « laissez-moi trois mois, un moment où je vais sentir la ville.  Pendant cet été, je vais aller à la rencontre des Aulnaysiennes et Aulnaysiens, écouter les uns les autres et travailler en interne avec les militants et sympathisants ». Pas encore de programme défini mais quelques pistes de réflexion «  le développement économique, la protection et l’urbanisme », des thématiques qu’il n’a pas classées  « par ordre de préférence ».

Une des thématiques au cœur de la campagne de François Hollande était le non-cumul des mandats. Le politique va-t-il abandonner son poste à la région Ile-de-France et se consacrer pleinement à son mandat de maire, s’il était élu ? « Si on veut incarner la fonction, on ne peut pas se dire qu’être maire est une fonction parmi tant d’autres » avoue celui qui souhaite « incarner positivement cette ville ».

A l’UMP d’Aulnay, le nouveau candidat semble être accueilli les bras ouverts : « il faut avoir deux soucis : d’abord celui de l’intérêt général et ensuite celui de la situation de la ville d’Aulnay-sous-Bois », déclare Franck Cannarozzo (conseiller municipal d’opposition à Aulnay).

« Je perçois cette candidature comme une compétence complémentaire, la ville est à un tournant dans son histoire ». Le conseiller municipal d’opposition ajoutait même dans un communiqué que la candidature du conseiller régional « offre de nouvelles perspectives pour Aulnay. En s’appuyant sur nous, sur les talents Aulnaysiens et en apportant sa compétence de conseiller régional, sa candidature va permettre de répondre aux grands enjeux qui se présentent à nous, comme le Grand Paris ou le devenir du site de PSA ». Convaincu, Franck Cannarozzo pense que « Bruno Beschizza  peut apporter des compétences différentes » et ne souhaite pas non plus de primaires dans cette ville de Seine-Saint-Denis : « je ne souhaite pas de primaires, nos concitoyens non plus ne souhaitent pas ça ».  La bataille Copé-Fillon semble avoir laissé des traces…

« Bruno Beschizza peut amener ses compétences régionales, il est jeune, il a 45 ans, c’est quelqu’un de très ouvert, il a un regard différent et c’est ce regard qui peut nous intéresser. Sa venue n’annule pas tout notre combat, nous serons derrière lui », explique le conseiller municipal d’opposition.

Le candidat UMP est déclaré. Le maire sortant, Gérard Segura (PS) n’a pas encore donné sa réponse. Sera-t-il candidat à sa propre succession ?

Imane Youssfi

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