La secrétaire d’Etat à la politique de la ville s’est rendue hier à Montfermeil et Clichy-sous-Bois. Surprise : elle y a été plutôt bien accueillie. L’objet de sa visite : l’inauguration de deux chantiers de construction de logements sociaux. « Aujourd’hui, je reçois des félicitations de la part du collectif Au-delà des maux, alors que notre dernière rencontre s’était déroulée dans un climat un peu houleux, affirme la secrétaire d’Etat. Comme nous venons du même milieu, nous savons comment il faut y faire. »

Un dialogue a lieu, c’est déjà ça. Djilali Mekka, le nouveau vice-président du collectif Ac-Le-Feu, fait part de ses préoccupations à son hôte : « On espère bien que tout ce que vous avez promis (à Vaulx-en-Velin) ne restera pas que des annonces. – Je ne sais pas faire d’effets d’annonce », réplique la secrétaire d’Etat. Elle ajoute : « Nous essayons de trouver des solutions qui vont nous permettre de sortir par le haut. »

Le chapiteau monté spécialement pour la venue de Fadela Amara est bondé. A l’intérieur, la secrétaire d’Etat répond aux journalistes, entourée du préfet de la Seine-Saint-Denis, Claude Baland, des maires du Clichy-sous-Bois et Montfermeil, Claude Dilain et Xavier Lemoine. Les gars d’Ac-Le-Feu reviennent à la charge. Ils discutent avec Fadela Amara, au sourire tout relax, sirotant un café. « Il faut repartir sur de bonnes bases, conviennent-ils, et arrêter de s’envoyer des piques par plateaux télé et radio interposés. » Le vice-président d’Ac-Le-Feu l’assure, les querelles d’il y a quelques semaines sont « stériles ».

Je demande à ce dernier : « Croyez-vous en la secrétaire d’Etat ? » Sa réponse : « Nous restons sceptiques sur la mise en œuvre du plan banlieues. On ne se dit pas que toutes ses paroles sont belles. Ce scepticisme est justifié après toutes les promesses non tenues des anciens gouvernements. »

Fadela Amara, elle, continue à bavarder en se baladant, toujours très entourée, jusqu’à sa sortie du chapiteau. « Pourquoi êtes-vous venue aujourd’hui à Clichy-sous-Bois et Montfermeil ? », questionné-je. « La dernière fois que je suis venue ici, j’avais dit je reviendrais, donc je suis revenue, dit-elle. Et je reviendrai autant de fois, jusqu’à ce que le que le quartier soit désenclavé. » Hier, la secrétaire d’Etat a posé des pierres sans s’en attirer aucune.

Nadia Boudaoud

Nadia Boudaoud

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