Un nouveau couac bouleverse la classe politique. Un membre du gouvernement, Delphine Batho dévoile ses états d’âmes. Toutes les vérités ne sont pas bonne à dire, lui rappelle François Hollande avec un limogeage à la clé.

L’écologie sème le chaos. Ce n’est pas le déplacement des couches tectoniques qui engendre la zizanie, mais des paroles fortuites de l’une des benjamines du gouvernement sur RTL qui réveillent les fonds marins. On la définissait comme timide. Mais la carapace de la tortue de mer a cédé. Le sujet évoqué par la téméraire ex-ministre de l’écologie sont des critiques concernant le « mauvais » budget 2014.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Delphine Batho a été convoquée par Jean-Marc Ayrault pour des heures de remontrances. Le gouvernement est dans l’ère du temps : transparence oblige, il  a tweeté la convocation : « La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a été convoquée par le Premier ministre à l’Hôtel de Matignon. » C’est un gouvernement 2.0, high-tech, qui jette un Homme à la mer. D’après le quotidien 20 minutes, on lui a demander de revenir sur ses propos, elle a refusé.

Depuis l’affaire Cahuzac et la moralisation de la vie politique, le pouvoir a changé la donne. Aucun faut pas n’est toléré, enfin presque… Arnaud Montebourg dit tout ce qu’il pense mais n’est pas inquiété. Vérité paradoxale. Est-ce un ultime avertissement pour monsieur Made in France ? On a dit non au remaniement, mais le changement à l’air d’être maintenant.

Une dureté inflexible est affichée comme c’était demandé auparavant, mais voilà qu’elle choque. Philippe Martin, le député PS de la première circonscription du Gers hérite du siège éjectable encore tout chaud. Tout est à refaire et à prouver comme les membres de EE-LV l’attendent patiemment au tournant. Le message que le gouvernement a voulu faire passer se résume ainsi : celui qui franchit la ligne ne doit pas être surpris s’il se met à couler.

Lansala Delcielo

Crédit photo : Creative Commons Thesupermat/gallery

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