Quel regard portez vous sur ces 6 années de gouvernance socialiste en Seine-Saint-Denis ?
Gilbert Roger : Un bilan assez positif de la gauche, PS et EELV, car lorsque nous avons gagné le Conseil Général au dernier renouvellement, nous avons réglé les cas des emprunts toxiques que la majorité communiste avait signé. On voit bien que les emprunts toxiques calculés sur le Franc suisse étaient un handicap pour le département, ça coûtait une fortune. Nous avons frôlé la catastrophe financière.
Sylvine Thomassin : et puis il y a aussi le plan priorité collèges qui a permis la rénovation et la construction de 21 collèges sur le département, dont 12 qui ont été livrés en septembre dernier.
Gilbert Roger : nous avons également réussi à obtenir dans le cadre du projet du Grand Paris express, deux arrêts de métro pour la ligne 15 qui passera à Bondy avec un arrêt à la gare de Bondy au sud de la ville et un autre au Pont de Bondy au nord. Il y a également un autre transport de grande qualité qui va venir compléter le paysage urbain de Bondy avec l’arrivée du TZEN, un bus qui ira de la Porte de Pantin aux Pavillons-sous-Bois. Ce TZEN va considérablement changer la RN3, en cassant ce pont, véritable frontière physique entre le nord et le centre-ville, et permettra d’avoir une route dans la ville et pas une espèce d’autoroute qui sépare la ville en deux.
A lire votre programme on a le sentiment que l’éducation et l’économie sont les deux mamelles de la Seine-Saint-Denis  ?
Sylvine Thomassin : il est important de continuer la rénovation et la reconstruction de collèges pour un département qui compte de plus en plus de jeunes. Cela passera par la création de quatre internats en Seine-Saint-Denis, dont un, à Bondy au collège Brossolette. Les internats ne sont pas des lieux de punition, mais des lieux où on pourra donner des chances extraordinaires aux enfants de pouvoir peut-être mieux travailler qu’à la maison. C’est un endroit où on apprend à vivre en communauté, où on est encadré et où on a un soutien scolaire le soir. Dans cette priorité donnée à l’éducation, il s’agit également d’allouer aux familles une prime de rentrée scolaire s’élevant à 200 euros pour les enfants qui entrent en sixième.
Gilbert Roger : L’autre axe est de poursuivre le développement économique de la commune et du département. Cela passe par la formation, le soutien aux entreprises des secteurs des biotechnologies, de l’image numérique (Ubisoft à Montreuil, les studios de Saint-Ouen et Epinay-sur-Seine, le centre Luc Besson pour le cinéma à Saint-Denis…) et l’aviation avec au Bourget des sociétés comme Eurocopter qui fabrique les pales des hélicoptères les plus modernes au monde. On veut mettre un coup d’accélérateur sur le développement économique et on va même essayer de créer un label Made in Seine-Saint-Denis-Made in France, financé sans augmenter les impôts, car nous avons réussi à nous débarrasser de ces emprunts toxiques qui nous donnent des capacités financières supplémentaires. Nous voulons continuer à réclamer à l’Etat de prendre directement en charge l’indemnisation du RSA. L’idée est que le RSA soit directement versé par la CAF et pas par les départements, car nous ne sommes toujours pas remboursés à l’euro près… Nous avons beaucoup de bénéficiaires du RSA en Seine-Saint-Denis par rapport à d’autres départements et avec cet argent en plus dans notre budget, on pourrait faire d’autres projets.
Craignez-vous un basculement du département à droite ?
Sylvine Thomassin : je sais une seule chose, on est assuré de ne perdre que les batailles que l’on ne mène pas. Le Conseil Général sortant a un très bon bilan. Les électeurs sont des gens intelligents.
Quels sont les futurs enjeux pour le département ? 
Gilbert Roger : c’est une Seine-Saint-Denis de la mobilité, de la jeunesse et de l’éducation que l’on prépare. Il faut donc s’y préparer avec un département qui ne sera pas à la traîne, mais au contraire complètement ouvert à l’accueil d’entreprises, aux formations de haut niveau, des universités dynamiques pour qu’à l’intérieur du Grand Paris, on prenne toute notre place.
Cristel Fabris

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