Dans le cadre du projet du « Grand Roissy », près de la moitié des villes de la Communauté de communes plaines et monts de France, la première communauté de Seine-et-Marne (77), vont rejoindre celles de Val de France et Roissy Porte de France. Un collectif constitué autour de maires, les Irréductibles, envisage de mener plusieurs actions, notamment autour de l’aéroport.
Depuis 2013, la CCPMF (Communauté de communes plaines et monts de France) regroupe 37 villes de Seine-et-Marne (77). Le Conseil d’État l’a qualifiée de « bassin de vie cohérent » pour ses 110.000 habitants. Sa création faisait suite à une loi datant de la même année stipulant qu’il ne fallait plus de communes isolées. À partir d’aout 2015, 17 d’entre elles seront rattachées à d’autres communautés d’agglomérations. « Les élus l’ont appris par voie de presse, ça fait toujours plaisir » tempête Xavier Yvon, conseiller municipal « sans carte » de Saint-Mard. Au-delà de la communication, ce redécoupage ne fait pas l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire, puisque les 37 maires de Plaines et monts de France s’y opposent. Ils se mettent d’ailleurs en ordre de bataille, et annoncent plusieurs « actions de combat » dans les jours à venir.
Ce démantèlement est le fruit de l’application de la loi MAPTAM (loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) de 2014 qui prévoit que les communautés de communes de la petite couronne se regroupent pour former des ensembles de 200.000 à 300.000 habitants. Pour Bernard Rigault, président de la CCPMF et maire de Moussy-le-Neuf (DVD), membre du parti Les Républicains, le territoire ne devrait pas être concerné : « Notre siège social est en dehors du périmètre ». Selon lui, les raisons d’un tel regroupement sont « politico-financières ». Les élus mécontents y voient une manière de mettre ensemble les villes les plus riches autour de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
Opération mairie fermée et « point de filtrage »
Lui aussi critique la manière. : « Tout cela s’est fait sans aucune concertation ». Il se plaint aussi du manque de dialogue et d’interlocuteurs : « Sur consigne gouvernementale, les préfets ont l’obligation d’appliquer ce regroupement ». Sur cette question, il est dubitatif : « La précédente préfète nous avait affirmé que l’intercommunalité — qu’elle avait elle-même eu beaucoup de mal à mettre en place — n’était pas concernée par cette loi. Elle a eu une promotion. Il s’agit d’une coïncidence curieuse ».
Actuellement, la CCPMF a des compétences bien spécifiques. Elle s’occupe notamment des ordures ménagères, mais aussi, et surtout de la petite enfance. Si 17 communes rejoignent les communautés d’agglomération de Val de France et Roissy Porte de France, « ces charges et dépenses retomberaient sur les villes. De plus, les 20 communes restantes n’auront plus les moyens de faire fonctionner ces services ». Elle alloue également une dotation de solidarité à certaines municipalités. « Je doute que les communes du 95 vont supporter une telle dotation pour le 77 ! » affirme le président. La communauté d’agglomération Plaines et Monts de France prévoit en outre que le démantèlement représentera pour les habitants une hausse de 200 à 500 euros des impôts locaux (selon Le Parisien).
Si la CCPMF est majoritairement composée de mairies de droite ou bien sans étiquette, Bernard Rigault refuse de parler de combat d’opposition. « Aujourd’hui, pratiquement tous les conseillers communaux toute sensibilité politique confondue ont pris position contre ce redécoupage » déclare-t-il. Une pétition a été mise en ligne. Les 37 maires organisent aussi demain une opération mairie fermée « il s’agit d’une fermeture administrative uniquement, pour ne pas léser la population » explique le président. Ils vont également mettre en place un « point de filtrage autour de Roissy » qui risque fort de perturber la circulation autour de l’aéroport. Ce sera aussi l’occasion de créer un collectif, « les Irréductibles », à visée nationale. Le bras de fer ne fait donc que commencer.
Mathieu Blard

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