Il est des parachutes qui se déploient sans complexe et d’autres dont la poignée lâche et reste entre les mains du pauvre candidat qui s’écrase sous le regard oblique des électeurs. Ce fut le cas au PS avec les parachutages manqués de Malek Boutih en Charente, Safia Otokoré à Trappes et Faouzy Lamdaoui à Argenteuil. Il est des vagues bleues qui emportent tout sur leur passage et des petits ressacs laissant sur le sable des candiats comme Salem Kacet à Roubaix, Jeannette Boughrab ou Linda Asmani à Paris. Le résultat du second tour de la législative est sans appel. Zéro candidat de la diversité, même si la socialiste George Pau Langevin, française depuis bien plus longtemps que Nicolas Sarkozy sera probablement classée dans cette « catégorie ».

Mettre de la couleur à l’assemblée nationale était l’un des engagements pris par les politiques lors des violences de Novembre 2005. Nicolas Sarkozy comme François Hollande s’étaient engagés à changer les choses pour les prochaines législatives et avaient juré craché que leurs partis présenteraient plus de candidats colorés. Dans la réalité les choses ont été bien plus difficiles et au bout du compte le résultat est là. Lorsque l’on va chercher des explications, la première qui nous vient à l’esprit c’est que les français ne sont pas prêts. Compte tenu du succès de la nomination de Rachida Dati et de Rama Yade dans le gouvernement Fillon, on a un peu de mal à le croire. D’autant que les deux personnalités préférées des français sont Zinédine Zidane et Yannick Noah. La seconde explication qui vient à l’esprit est le conservatisme dans les partis. Beaucoup de sortants, qui bien sûr souhaitaient garder leur place, n’ont pas vu d’un bon œil l’arrivée de jeunes basanés dans leurs circonscriptions. Ce fut le cas en Charente où Malek Boutih, malgré son investiture made in Hollande, a dû s’opposer à une candidate PS dissidente qui lui a soufflé la place.

Au PS, certains candidats ont demandé l’investiture et se sont pris des râteaux, certains renonçant à l’élection (Chafia Mentalecheta) d’autres se présentant sous des étiquettes indépendantes et donc perdantes (Karim Zéribi à Marseille, Jamel Yalaoui à Trappes). D’une manière générale, les candidats n’ont pas été investis dans des circonscriptions gagnables. Dans celles qui auraient pû être gagnées, plutôt que d’investir des candidats implantés localement, on a préféré parachuter des candidats plus proches des partis et souvent plus dociles.

Certains diront que c’était un galop d’essai et que la transformation aura lieu lors des municipales de 2008. Il n’en reste pas moins que jusqu’en 2012, l’Assemblée Nationale, qui doit normalement être à l’image de la France restera blanche, blanche, blanche.

Mohamed Hamidi

A noter quelques résultats à plus de 40% au second tour pour certains candidats :
Zabida Nakib-Colombe (PS, Drôme, 1ère): 44,54%
Najat Azmy (PS, Nord, 10ème): 41,44%
Zoubida Naïli (PS, Bas-Rhin, 3ème): 42,25%
Safia Otokore (PS, Yvelines, 11ème): 48,25%
Faouzi Lamdaoui (PS, Val-d’Oise, 5ème): 49%
Abdel-Madjid Sadi (PCF, Seine-Saint-Denis, 5ème): 40,13%
Nora Remadnia-Preziosi (Bouches-du-Rhône, 7ème): 42,21%
Salem Kacet (Nord, 8ème): 43,14%

Mohamed Hamidi

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