Il est un peu plus de 18 heures à la Brasserie du Murat à Bondy. Dominique de Villepin arrive avec son staff.  C’est un homme souriant qui se fait remarquer dès son arrivée.  Quand Dominique de Villepin entre dans une salle on ne voit plus que lui ! Séance maquillage, tournage de la première séquence à l’entrée et au bar avec l’accueil d’Edouard Zambeaux, et le voilà qui prend  place autour d’une table avec nos blogueurs.

Avant les toutes premières questions, un premier sujet est lancé sur écran : la conférence de rédaction du Bondy Blog. Edouard Zambeaux annonce aux blogueurs la venue de l’ancien Premier ministre. « Candidat isolé », « courageux », «  poète de la politique » souvenir du CPE et de l’Etat d’urgence décrété en 2005, chacun le décrit à sa manière. Dominique de Villepin regarde attentivement. Côté coulisses, son staff s’affaire à la moquerie. Critique gentiment les différentes analyses des blogueurs, bien souvent à la limite du mépris. Pour eux, il ne faut pas « toucher » à de Villepin, leur dieu vivant.

Inès el Labouddy ouvre le bal avec une première question. Elle l’interroge sur ce qui à son sens, fait un bon Président de la République. « C’est quelqu’un qui s’occupe des Français dans la durée […] qui assure la cohérence du pays » définit-il.  Le candidat à la présidentielle, qui considère Charles de Gaulle comme « la référence de la Ve République », dévoile peu à peu son programme dans cette première partie de l’émission. Réduire le nombre de ministre,  regrouper les ministères, réduction d’élus des deux assemblées  et du nombre de régions (passer de 22 régions à 8). Il poursuit en évoquant des institutions malmenées au cours de ces cinq dernières années.

Nassira El Moaddem  l’interpelle pour lui demander un exemple, il répond sans hésiter « le gouvernement ».  Dominique de Villepin argumente, sans oublier de jeter des pics à son meilleur ami : « Nicolas Sarkozy vient de redécouvrir le référendum, il ne l’a pas utilisé depuis cinq ans ».

L’émission se poursuit avec un deuxième reportage, celui de Remi Hattinguais. Notre blogueur  s’est livré à une interview portrait de Dominique de Villepin en interrogeant la journaliste Hélène Jouan (France Inter) et Gérard Leclerc (LCP). Après avoir regardé attentivement ce sujet, les blogueurs l’interrogent tour à tour sur le fameux  CPE, les « émeutes » de 2005. Dominique de Villepin ne semble pas très à l’aise sur ce sujet même s’il assume sa défaite, « je regrette la précipitation avec laquelle j’ai fait le CPE » déclare-t-il. L’ancien premier ministre semble retirer des leçons sans toutefois vouloir s’avouer vaincu.  C’est ainsi que les questions s’orientent sur la précarité  de l’emploi, le chômage en France. « Nous n’avons pas assez de contrats d’alternance » considère l’invité, qui souhaiterait allonger la formation obligatoire en la portant à 18 ans.

Avant de visionner le troisième sujet, réalisé par Latifa Zerrouki, Edouard Zambeaux propose un petit questionnaire « signe particulier »  à Dominique de Villepin. On apprend entre autres sa devise « maintenir », voit  le CPE comme sa plus belle défaite et considère qu’il ne faut pas mentir en politique mais si parfois il est nécessaire de « garder le secret » et « se taire ».

Pour aborder la thématique de la création d’entreprise, Latifa Zerrouki s’est rendue dans un quartier de Gennevilliers (dans les Hauts-de-Seine). Elle y a rencontré deux jeunes entrepreneurs (un restaurateur et un organisateur de voyage pour personnes handicapées) qui ont expliqué les difficultés liées à la création d’un commerce.

Dominique de Villepin estime qu’il y a réellement des obstacles dans ce domaine. Le président de « République solidaire » propose dans son programme la création d’un guichet unique qui devrait faire office d’accompagnement, de suivi des projets. Il  reste cependant, silencieux sur le coût de cette proposition.

Concernant l’éducation et l’orientation, l’ancien premier ministre se dit favorable  « à un effort plus important là ou il y a plus de difficultés ». Son objectif : plus d’enseignants, d’accompagnement et de moyens, mais moins d’effectifs. Il avoue  lui-même ne  pas avoir eu de bons résultats scolaires étant jeune et avoir même failli être envoyé dans une filière qui ne lui correspondait pas, lui qui estime que « quand vous êtes issu d’une famille aisée, vous ne vous trompez jamais d’orientation, même si vous êtes le fils le plus idiot ».

Qui dit éducation, dit aussi enseignement supérieur, ce qui concerne nos trois bloggeurs. Dominique de Villepin s’est vu interrogé sur la précarité étudiante ; les dépenses quotidiennes (transport, nourriture, fournitures scolaires..), travailler à côté des cours pour financer ses études et pour certains, payer son logement.  Peu de réponses concrètes ont été apportées, mis à part que l’ancien Premier ministre souhaite un modèle à l’américaine et ne s’en cache pas.

Une autre de notre blogueuse, Kahina Mekdem, a aussi participé à l’émission en réalisant un reportage dans un centre de santé à Nanterre.  Elle y évoque les difficultés de financement des soins et leur accès. Dominique de Villepin pense que notre système de santé a besoin de réformes sans réellement proposer de mesures concrètes.

Nassira lui demande ensuite quelle est sa définition du mot civilisation, « je n’ai pas de définition du mot civilisation mais ce n’est certainement pas celle du ministre de l’intérieur » répond-il et considère que les propos de Claude Guéant sont « une maladresse regrettable ». Il ne « vois pas l’utilité » non plus de la proposition de loi sur les assistantes maternelles et n’est « pas favorable à la loi sur la burqa » mais  souhaite des réflexions sur la formation des imams et la création des mosquées.

Pourtant, lorsque la parole est accordée au public, il se dit opposé au droit de vote des étrangers. Il ne dira pas non plus quelle serait la composition de son gouvernement s’il était élu, lorsqu’on lui demande. Pourquoi ? Aucun candidat ne le fait avant d’être élu, une grave erreur de le faire, selon lui avant de finir sous les applaudissements. Rendez-vous ce  dimanche à 13h sur LCP pour la retransmission télévisée.

Imane Youssfi

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