Dans la 4ème circonscription de Marseille, Henri Jibrayel, candidat PS arrive en tête avec 25.82 % des voix, viennent ensuite en seconde et troisième position Bernard Susuni pour l’UMP (25.39 %) et Fréderic Dutoit du PCF (18.96%). Karim Zeribi, réalise 11,16%, le Modem représenté par Slimane Azzoug arrive en 6ème position avec 2,80%. Le taux d’abstention atteint 40 % dans cette circonscription. Alors que pour les présidentielles, les gens s’étaient déplacés en nombre, les jeunes surtout, pour ces législatives, on constate un désintérêt très significatif. Après une campagne qui s’est avérée plutôt rude pour l’ensemble des candidats, c’est la première fois que cette circonscription en 34 ans peut échapper au parti communiste. Mais Henri Jibrayel est suivi de très près par l’UMP. Il n’est donc pas assuré de remporter le second tour parce que l’écart entre les deux est très minime.

Je voulais savoir ce que pensaient les jeunes de ce scrutin, pour quelles raisons ont-ils désertés les bureaux de vote. Yacine, 24 ans, habite la Cabucelle : « Pour moi, ces élections ne vont rien changer de manière générale, tous les candidats se battent pour le pouvoir. Nos députés se soucient-ils de l’amélioration de nos conditions de vie ? Je ne pense pas, donc pour le futur, je suis plutôt pessimiste ». Le paradoxe est que le discours des jeunes a changé en quelques semaines. Lors de la campagne des présidentielles, une réelle dynamique et une volonté existaient dans les quartiers. Que s’est-il passé depuis ? Yacine : « Lors des présidentielles, c’était différent, on ne voulait pas que ce soit Sarkozy, donc on a tous voté pour éviter de voir un homme comme lui au pouvoir, mais ça n’a rien changé puisqu’il est président, et là aux législatives, on sait déjà que c’est Susini qui va l’emporter ou Jibrayel, c’est le même combat  ! »

Alors que beaucoup de choses peuvent changer grâce au vote, je crains de voir dans cette déception une sorte d’abandon et finalement l’installation d’une situation où quelques uns décideront pour la majorité. Et le pire dans tout ça, lors de discussions diverses avec les gens, je me rends compte que la motivation et la volonté pour le vote n’existent plus.

Malika Redjem (Marseille)

Malika Redjem

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