Fadela Amara, elle peut visiter ce qu’elle veut, les journalistes qui l’entourent ne désirent qu’une chose : leur biscuit du matin : « Votre ministre de tutelle, Christine Boutin n’accorde pas grand crédit à votre plan banlieues, vous auriez aimé plus de solidarité de la part de votre gouvernement ? » Réponse de l’intéressée : « Le soutien je l’ai. Chacun est libre de dire ce qu’il veut, je l’ai toujours été, Madame Boutin est d’ailleurs revenue sur ses propos qui ont été sortis du contexte. Le plan, c’est une ambition énorme qui redonnera du souffle à la politique de la ville. »

Le mot sport inséré dans la thématique de la visite justifie la présence de Bernard Laporte : « Le sport, c’est beaucoup d’épanouissement, il faut que tout le monde y ait accès. Fadela Amara m’a présenté les mesures de son plan concernant le développement d’activités sportives dans les quartiers prioritaires et je les trouve concrètes. Il faut montrer à ces gens qu’on ne les laisse pas tomber, qu’on les aime. »

Chemin faisant, entre les différentes structures visitées, la secrétaire d’Etat commente les dernières mesures prises par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, pour un retour à ce qui ressemble à une police de proximité : « J’applaudis. Cette police de prévention devrait pouvoir s’étendre à tous. La sécurité, c’est une des premières préoccupations des habitants des quartiers. »

Dernière étape de la visite, la salle de boxe. Mounir Barbouchi, conseiller technique national, interpelle les deux invités du jour : « Parmi les activités sportives en banlieue, il y a les sports de combat. Or, ces disciplines sont peu pratiquées dans les établissements scolaires. Proposées en enseignement, ça pourrait être très valorisant pour les jeunes des quartiers. » Évoquer les dangers inhérents aux sports de combat est un argument qui ne compte pas pour ce professeur de boxe : « Dans le classement des assurances, la boxe est classée quarantième, bien en dessous de certains sports pratiqués en établissement. »

Achevant une conversation avec trois jeunes filles pratiquantes de boxe anglaise, Fadela Amara se fait poliment interpeller par un jeune homme. Le ton qu’elle prend pour lui répondre agace ce dernier qui ne se prive pas pour le lui faire remarquer : « Ecoutez. C’est la première fois qu’on laisse parler des filles (les boxeuses), je vous promets qu’après je répondrai à vos questions ».

Déplorant un show médiatique et le fait que la secrétaire d’Etat ne visite que les endroits ou ça fonctionne bien, le jeune en question confie : « J’aurais aimé savoir ce qu’elle propose réellement pour les banlieues. J’ai insisté pour qu’elle tienne sa promesse de m’écouter mais elle m’a dit d’interroger les journalistes ! »

Le type se tourne vers moi et me demande : « Alors ces propositions concrètes ? V. Aucune réponse ne me vient à l’esprit. Qu’est ce que j’en sais, moi ? En début d’après-midi, j’apprends que Nicolas Sarkozy annoncera, finalement, le plan banlieues le 8 février. 

Idir Hocini

Idir Hocini

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