[PRIMAIRE DE LA GAUCHE] Pour l’ultime meeting de sa campagne, Vincent Peillon a choisi l’espace Reuilly dans le 12ème arrondissement de Paris. Moins de 48 heures avant le premier tour de la primaire de la gauche, le candidat a surtout tenu à rappeler les thèmes qui lui sont chers : l’Europe, l’éducation et le rassemblement autour des valeurs de la gauche. Reportage.

S’il l’on veut comparer le dernier meeting de Vincent Peillon à ceux de ses concurrents, un mot vient immédiatement à l’esprit : modeste. Les quelque 500 places de l’espace Reuilly du 12ème arrondissement de Paris ont eu du mal à trouver du preneur, seulement 400 supporters ont fait le déplacement pour soutenir leur champion. C’est la maire socialiste du 12ème, Catherine Baratti-Elbaz, qui a assuré la première intervention du rassemblement. Au premier rang, peu de soutiens politiques d’envergure mais une invitée emblématique : Mazarine Pingeot.

Puis vient la tête d’affiche, Anne Hidalgo. La maire de Paris prend la parole durant une vingtaine de minutes. Elle remercie d’abord l’ex-ministre de l’Éducation nationale d’avoir « permis de fédérer de voir se lever des femmes et des hommes qui, comme [elle], se sentaient un peu isolés » dans la primaire. Comme l’ensemble de son camp, l’édile prédit une « surprise » pour dimanche. Elle termine son intervention en insistant sur les attentes de la jeunesse. Une jeunesse pourtant bien loin d’être présente à ce meeting, plutôt très blanc et CSP+ et où la moyenne d’âge s’approche des 40 ans.

« Les valeurs de la gauche doivent être enseignées à tous, pas seulement aux enfants des quartiers »

meetingpeillonOK

Meeting de Vincent Peillon, à l’espace Reuilly, 12ème arrondissement, Paris.

Devant un parterre de militants convaincus, Vincent Peillon entame son intervention par un cours magistral en rappelant les grandes luttes qui ont façonné la gauche : les canuts de Lyon, le suffrage universel, le droit de vote des femmes… Le tout visiblement très inspiré et souvent en improvisation. Parti tardivement en campagne, le candidat n’évoque quasiment aucune de ses propositions, comme s’il était trop tard pour inverser l’issue du scrutin. S’il ne présente pas son programme, il ne se prive pas pour autant d’attaquer celui de l’extrême-droite « raciste et nationaliste » de Marine Le Pen et la droite « libérale et ultra-conservatrice de François Fillon ».

L’ancien ministre du gouvernement Ayrault enchaîne sur les valeurs de la gauche, dans un discours dense d’une trentaine de minutes pour délivrer une leçon d’optimisme aux sympathisants socialistes présents dans la salle. « Les valeurs de la République doivent être enseignées à tous, pas seulement aux enfants des quartiers, mais aussi à ceux qui exercent l’autorité. La république ce n’est pas une punition, c’est ce que nous partageons ». Vincent  Peillon « n’oublie pas le débat sur l’identité nationale et la visite de Kadhafi à Paris » avant de défendre le bilan du quinquennat Hollande, malgré les erreurs qui ont pu être commises. Il évoque notamment le CICE en accusant le MEDEF d’avoir « menti aux Français » en ne respectant pas ses engagements.

Un recours au PS divisé ?

Le candidat Peillon est bien loin d’un discours de victoire, surtout qu’il ne peut mobiliser sur un projet écrit entre Noël et la fin de l’année. Une seule carte à jouer pour Vincent Peillon, celle du rassemblement. Et refuse de croire « au discours dominant selon lequel la gauche ne serait pas présente au second tour de l’élection présidentielle ».

Sous les applaudissements et les « Peillon président », l’ancien ministre lance « un appel à l’insurrection dans les urnes (…) J’en appelle au refus des divisions, j’en appelle au chemin du rassemblement ». Un seul mot d’ordre : l’union de la gauche. Avant d’ajouter qu’il n’aura « aucune difficulté à entrer dans des nuits de négociations pour construire » avec Jean-Luc Mélenchon et pense qu’Emmanuel Macron finira par revenir auprès des socialistes.

Après une Marseillaise assez molle, le meeting s’achève sur la chanson Motivés du groupe Zebda, reprise du chant des partisans. Un bon résumé du message optimiste délivré par le candidat Peillon à ses militants : restez motivés.

Victor MOUQUET

Articles liés

  • Gérald Darmanin à Mayotte : face à la détresse sociale, la répression comme seule réponse

    Lors d’une visite à Mayotte, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, a annoncé la couleur du quinquennat à venir. Restriction du droit du sol, enfermement d’enfants encadrés par des militaires et armement de la police comme seules réponses face à la montée de la violence dans le département le plus pauvre de France. Joao Gabriel, doctorant en histoire, et Bastua Soimadoune, militante mahoraise, analysent, pour le Bondy Blog, ces annonces.

    Par Anissa Rami
    Le 05/09/2022
  • Alter-votants : remettre le droit de vote des étrangers au cœur du débat public

    #BestofBB En France, les droits des étrangers s’arrêtent à la porte des bureaux de vote. Pour lutter contre ce péril démocratique, la plateforme Alter-votants a vu le jour en 2016, pour mettre en relation des votant·e·s français·e·s avec des personnes étrangères. L'idée : faire entendre la voix de tous les résident·e·s en France et remettre au cœur du débat le droit de vote des étrangers, promis depuis bientôt 50 ans sans jamais être acté.

    Par Margaux Dzuilka, Emilie Duhamel
    Le 01/09/2022
  • Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Il a refusé de serrer la main à un député RN à l'assemblée nationale, il est le plus jeune député métropolitain de l'histoire de la Ve République française, il défend la jeunesse et les combats écologiques... Qui est Louis Boyard, député NUPES de la troisième circonscription du Val-de-Marne ? En s’imposant au second tour des élections législatives face à Laurent Saint-Martin, député sortant LREM, le jeune homme de 21 ans a créé la surprise. Portrait.

    Par Ayoub Simour
    Le 30/06/2022