Mardi après-midi, cité de la Rose des Vents, à Aulnay-sous-Bois. Le soleil joue à cache-cache  avec les nuages. Pendant ce temps, Fatou Meïte, candidate aux élections législatives pour le Mouvement Emergence dans la 10ème circonscription de Seine-Saint-Denis (Bondy sud-est, Aulnay-sous-Bois, Les Pavillons-sous-bois), tracte avec son suppléant, Olivier Pagesse. Elle s’étonne qu’on lui dise qu’elle a bonne mine. « C’est surement à cause du maquillage, je sors d’une émission à Télé Sud » sourit-elle.

Aujourd’hui, pas le temps de faire du porte-à-porte, ni de s’étaler dans de grandes conversations avec les citoyens. Ce sera quelques rencontres et principalement du tractage dans les boîtes aux lettres. Un rendez-vous l’attend à 17H, à radio France Maghreb. Pas grave, elle a déjà fait du terrain ces derniers jours. La preuve, certains la reconnaissent. Une femme au pied d’un immeuble lui répond qu’elle a déjà eu son document, Fatou Meïte lui avait donné dimanche main à main, au marché des 3000 « je vois tellement de gens, que je ne m’en souviens plus » plaisante-t-elle.

Qui sont ces deux candidats du Mouvement Emergence ? Avant d’être impliqués en politique, Fatou et Olivier, qui ont le même âge, sont avant tout des amis de longues dates. Une connaissance qui s’est fait à l’ASB (Association sportive de Bondy) où ils découvrent une passion commune : le basket. Ils étaient dans la même classe, en 1ère ES au lycée Jean Renoir de Bondy. Pour Fatou, ce sont des études de gestion à l’université Paris I, un cursus en relations internationales et en STAPS qui ont rythmé sa vie d’étudiante. Olivier quant à lui, a entrepris un BTS  action Commerciale et s’oriente ensuite vers une licence et un master lié à l’administration et la gestion d’entreprise dans l’informatique, notamment à l’université de Créteil.

Fatou est arrivée en politique au parti socialiste pendant les élections municipales à Bondy. Elle y est restée quelques années. Des divergences, des prises de position et de distance l’ont convaincu de quitter le PS « je m’épanouis beaucoup plus chez Emergence ». Prête à se présenter, la jeune politicienne a besoin d’un suppléant. Olivier s’est engagé récemment en politique chez Emergence.

Retour sur le terrain. En marchant, Fatou et Olivier trouvent des jeunes au pied d’un immeuble.  Ils écoutent, quelques questions, un jeune interpelle Fatou pour savoir s’il doit voter pour elle en prenant son tract :«  Je te le donne, tu lis, tu réfléchis et tu vois si tu te reconnais dedans » répond-elle tout en expliquant à ses interlocuteurs l’intérêt des élections législatives. En partant, ces derniers  lancent un « bon courage, bonne journée ! » à cette jeune trentenaire qui fait preuve de sociabilité et de proximité « je n’ai pas de problème à approcher les gens » explique-t-elle. Quelques sourires, d’autres prennent le tract et s’en vont, d’autres posent un tas de questions, comme ce monsieur qui teste la candidate sur les mots qu’elle prononce « c’est quoi la justice sociale ? Ça veut dire beaucoup de choses hein… » lui dit-il. « Il a raison de tester, j’aurais fait pareil ».

Même si l’élection est difficile au niveau «  de la charge de travail, du rythme, du tractage et du collage », le travail sur le terrain se serait très bien passé selon les deux candidats, « je suis même agréablement surpris » s’étonne Olivier.

« Les résultats on ne les verra pas aujourd’hui, c’est un travail de longue haleine » explique Fatou qui attend les résultats des urnes dimanche avant de se prononcer. Plus que 4 jours d’attente…

Imane Youssfi

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