Le Bondy Blog : Quel est ton parcours scolaire, Gilles ?

Gilles Johnson : J’ai réalisé la totalité de mon secondaire à Bondy, d’abord au collège Pierre Brossolette puis au Lycée Jean Renoir où j’ai décroché mon BAC économique et social en 2003. Par la suite, j’ai fait une prépa hypokhâgne au lycée Albert Schweitzer du Raincy. Au départ, c’était pour me présenter au bout de deux ans aux concours de journalisme, mais c’est à ce moment-là que j’ai découvert les IEP (Instituts d’études politiques) et j’ai décidé de passer les concours.

Après un premier échec, j’ai quitté la prépa pour poursuivre des études d’histoire à la Sorbonne tout en me présentant aux concours d’entrée à Sciences-Po. C’est finalement au terme de deux ans d’effort que j’ai réussi à intégrer l’IEP de Grenoble en deuxième année. Dans le même temps, je décrochais ma licence d’histoire. Actuellement, je suis toujours à Sciences-Po Grenoble en master d’études européennes et je vis actuellement à Bruxelles dans le cadre de mon année à l’étranger.

Comment t’es tu éveillé à la politique ?

C’est un peu grâce à mon père… Cela a commencé avec le journal télévisé que mon père suit de manière assidue. D’ailleurs, quand j’étais petit, il n’hésitait pas à changer de chaine à l’approche du « 20 heures » et que mes frères et moi regardions autre chose. Par la suite, il y a eu les soirées électorales que je regardais avec mon père. Même si je ne comprenais pas tout au départ, je sentais que c’était quand même des moments importants. Mais, l’élément sans doute déclencheur à mon sens, fut que mon père a été durant longtemps militant au PS. Petit, il m’emmenait aux Fêtes de la Rose et cela a joué un rôle non négligeable par la suite dans mon intérêt pour la politique.

Quel est ton engagement à présent en politique ?

Je suis encarté au PS que j’ai rejoint en octobre 2003. Au départ, je souhaitais y adhérer au lendemain du 21 avril 2002, suite à l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, mais mon père a préféré que je passe mon BAC d’abord. Je me sentais proche des socialistes dès le lycée. Il faut dire que l’éducation et les valeurs que m’ont transmises mes parents y ont joué pour beaucoup. Européen fédéraliste convaincu, je suis également membre du Mouvement européen France et de sa branche jeunesse, Les Jeunes Européens, depuis décembre 2006.

Que t’inspire la campagne présidentielle américaine ?

Au risque d’en surprendre plus d’un, j’avoue que je suis un peu en retrait vis-à-vis de la campagne américaine, non que cela ne m’intéresse pas, bien au contraire, mais je n’y adhère pas tellement. Je suis loin d’être favorable au candidat républicain, John Mc Cain, qui est pour moi l’héritier de George Walker Bush. Pourtant, je ne suis pas un Obamaniaque, bien que le sénateur démocrate de l’Illinois possède un charisme évident et qu’il soit capable de susciter un immense espoir au-delà même des Etats-Unis. C’est justement cela qui me fait un peu peur, car quand on voit des comités de soutien qui se constituent à travers le monde et notamment chez nous, quand je vois des gens, des copains ou bien ma famille ne jurer que par Obama, je me dis que c’est un peu à double-tranchant dans la mesure où ceux qui sont derrière lui pourraient être terriblement déçus s’il venait à échouer. Mais encore faut-il qu’il soit élu le 4 novembre. De fait, je ne sais pas si Barack Obama incarne réellement le changement, on verra bien !

Penses-tu qu’un jour en France un homme de couleur puisse être élu président de la République ?

On pourrait dire aussi une femme de couleur ! Franchement, j’espère bien, mais à la condition que cela soit la règle et non l’exception. Autrement dit, que cela soit aussi banal que d’élire Monsieur Durand ou Madame Dupont. Toutefois, je trouve qu’on est plus ou moins hypocrite en France lorsqu’il s’agit des « minorités visibles » : nos responsables politiques de droite comme de gauche semblent redécouvrir la diversité et affichent des gens issus de celle-ci comme l’exemple à suivre, des trophées ! Je ne crache pas sur le fait que Rama Yade soit secrétaire d’Etat ou Rachida Dati garde des sceaux, mais il est plus facile d’être nommé ministre de la République que d’être élu par ses compatriotes, les législatives l’ont prouvé. Il ne suffit pas d’afficher untel ou untel tel un trophée et de dire : « Vous voyez, on a réussi l’intégration ! » A mon sens, l’intégration ne sera réussie que lorsque cela deviendra un sujet dépolitisé et banal. C’est la condition pour qu’un jour un homme ou une femme de couleur soit élu(e) avec pour seul critère, sa compétence. Mais encore faut-il que notre société évolue et dans ce domaine, il a encore des progrès à faire !

Sais-tu quelle place tu veux tenir sur la scène politique ?

Grande question ! Ben disons que je veux être utile à mon parti mais avant tout à la société dans laquelle je vis et ce, à tous les niveaux. Quelle que soit la responsabilité que je serai peut-être amené à occuper dans le futur. L’essentiel, c’est de garder avec soi des convictions idéologiques et politiques. Alors comme tout le monde, j’ai des projets notamment dans la vie politique mais il y a un impératif sur lequel l je n’entends pas transiger : pour moi, la politique, ce n’est pas un métier, c’est avant tout un outil pour faire évoluer la société.

Propos recueillis par Stéphanie Varet

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