« Il a été plus incisif que d’habitude. » Beaucoup soulignent cet aspect de la prestation de François Bayrou dimanche après-midi dans la petite salle du Silo fraîchement rénovée. Bruno un bonhomme jovial l’a bien remarqué. Après Clermont-Ferrand, Toulouse et Pau, le Perpignanais insiste sur le ton de son champion. Il a tout de même parlé des « balivernes de l’extrême gauche ». Des Normands ont fait le déplacement. Jean-Yves est aussi un convaincu, et un convaincu de la première heure. Déjà en 2007 il militait pour François Bayrou. Encarté, il a vu le candidat du MoDem à Paris et à Caen déjà.  Aujourd’hui, il l’a trouvé « excellent ». L’évolution dans ses propos, il en parle spontanément, « il approfondit son discours, il est de plus en plus précis ». Et surtout : « il a un bon argumentaire, il prend des exemples même s’ils sont simples, c’est très pédagogique », ce que le professeur de management ne peut que souligner. Un regret : « qu’il ne reste pas 15 jours de campagne en plus ».

Ils sont venus peu nombreux mais les participants, convaincus et curieux sont plutôt satisfait de sa prestation. Ils cherchent même à convaincre les indécis. Jean-Yves a fait profité de son  voyage chez ses proches restés en Normandie. Grâce à son téléphone portable, ils ont pu écouter en direct et dans son intégralité le meeting. An-Vy étudiante dans l’ingénierie relève le « bon choix des mots » mais elle a trouvé ses propositions plus ou moins convaincantes. « Il est resté trop flou sur l’éducation ». Elle a remarqué les piques du MoDem, elle n’est pas particulièrement d’accord avec ce genre de stratégies « mais ça fait partie du jeu ».

« Nous ne jouons pas nos cartes »

François Bayrou, après un début de discours hésitant et timoré, a donné plus de force notamment en abordant les thématique de l’éducation et de la formation. Il a souligné le manque de réactivité des circuits de l’enseignement face aux innovations, prenant l’exemple du numérique. « Nous ne jouons pas nos cartes » explique-t-il. En s’imposant comme le défenseur de la réalité, le candidat s’est engagé à maintenir le nombre d’enseignants, « on remplacera poste pour poste ». Mais il a martelé qu’il est faux de prétendre pouvoir l’augmenter, visant directement l’autre François. « La France ne pourra pas l’assumer ! »

L’administration française en a aussi pris pour son grade avec ses démarches compliquées et sa « paperasse » interminable, prenant même à partie les fonctionnaires présents qui ne se sont guère manifestés. Autre sujet d’attaque, les choix et lignes de politiques globales. « Des choses de bon sens paysan » s’est-il évertué à faire passer dans l’assistance. Toujours très pédagogue, le professeur agrégé de lettres prend l’exemple de l’industrie du luxe. Les savoir-faire comme la dentelle ne sont pas suffisamment enseignés, développés et mis en valeur. Un exemple parmi tant d’autre dont la France ne tire pas profit.

« Bravo l’artiste »

Saïd Ahamada dès le début du meeting a donné une mention spéciale à Marine Le Pen ainsi qu’à Jean-Luc Mélenchon, « bravo l’artiste ! » Et François Bayrou de rajouter un peu plus tard, « ce n’est pas à la dimension des foules que l’on mesure la vérité des discours. » Les propositions du candidat François Hollande ont elles aussi été critiquées tout au long de son discours. Sans parler du système parlementaire et du fonctionnement politique actuel : « il faut moraliser la vie publique en France » a-t-il répété à plusieurs reprises.

Le candidat du centre s’est donc présenté en opposition aux autres partis, « nous sommes le parti de la vérité et de la volonté. » Il a tenté de mettre en avant le positif à tirer du pays malgré la morosité ambiante. « Nous avons à reconstruire la force productive de la France […] oui on va faire des efforts mais ça n’a jamais ruiné ni désespéré personne. »

Charlotte Cosset

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