Fatima a 25 ans, a toujours habité en France, elle y a fait ses études, a obtenu un BTS, une licence, et continue aujourd’hui de travailler. Ses parents et ses quatre frères sont Français, elle par contre, ne l’est pas. Cela fait des années qu’elle se bat et essaye d’être naturalisée pour pouvoir sortir de sa situation précaire, mais niet, l’administration l’empêche de devenir Française contrairement aux membres de sa famille.

Mais comment Fatima en est-elle arrivée là ? Pourquoi n’est-elle pas Française alors que ses parents et ses frères le sont. Si j’ai bien compris : ses parents sont en France depuis 1968. En août 81, de banales vacances au pays, et là surprise, c’est prématurément que Fatima vient au monde sur le sol marocain. Fatima découvre la France une semaine plus tard lors du retour de ses parents. A ce moment là, les parents de Fatima ne sont pas encore Français, Fatima et ses frères grandissent avec des autorisations de circulation de mineurs étrangers qui leur permettent entre autres d’aller à l’école, et de vivre normalement. A l’âge de 16 ans, ses frères qui sont nés en France ont le choix de la nationalité, Fatima par contre, ne bénéficie pas de cette loi du sol puisqu’elle n’est pas née en France. Elle restera donc jusqu’à ses 18 ans avec son autorisation de circulation de mineure étrangère. A 18 ans, Fatima possède une carte de séjour temporaire. Cette carte, elle doit la renouveler chaque année, et au bout du cinquième renouvellement, elle a la possibilité d’obtenir une carte de résident et d’acquérir la nationalité Française si elle en fait la demande.

Ses parents, entre temps ont été naturalisés mais pour Fatima, après ces cinq années de renouvellement, la loi a changé peu avant l’échéance. Cinq ans ne suffisent plus. Pour un étudiant, il faut quinze renouvellements. Mais cette carte de résident, il y a un autre moyen de l’obtenir sans attendre 15 ans. Une personne peut l’obtenir si elle travaille en CDI, touche un salaire équivalent à 1500 euros, et possède une maison à son nom. Ce n’est malheureusement pas le cas de Fatima. Elle est considérée comme une immigrée qui est arrivée il y a 5 ans alors qu’elle a toujours vécu en France, et malgré maintes demandes à la préfecture pour faire quelque chose pour son cas isolé, rien. La loi c’est la loi, on ne la transgresse pas. Mais quand la loi bug, c’est curieux qu’on ne l’admette pas et qu’on ne fasse pas le nécessaire. Lors de son dernier rendez-vous, la préfecture a étudié son cas particulier, résultat : nouveau refus pour l’obtention de la carte de résident sous prétexte que son salaire n’atteint pas un certain seuil, malgré toutes ses revendications.

Fatima vit en France depuis sa naissance, elle n’est toujours pas Française, mais elle continue d’étudier et de travailler, mais si du jour au lendemain, elle arrête ses études et ne trouve plus de boulot, elle serait invitée à quitter le territoire.

Chou Sin

Chou Sin

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021