Vous vous dites favorable au scrutin à la proportionnelle pour les législatives. Vous ne craignez pas que cela fasse le jeu du Front National ?

Si on commence par limiter la démocratie, on empêche effectivement des courants comme les nôtres de se développer. Ce qui aujourd’hui amène des votes protestataires, qui vont souvent contre notre intérêt, c’est justement parce qu’il y a eu un blocage démocratique ; et moi je fais le pari que si la démocratie est totale, les gens pourront assumer et faire en sorte qu’il y ait plus de députés qui les représentent.

L’alter mondialisme et l’écologie ne sont-ils pas à des années lumières des préoccupations des habitants des quartiers populaires ?

Justement pas. C’est mépriser les gens des cités que de croire que la question de l’écologie ne les concerne pas. Ce sont les premiers à subir. C’est quand on est pauvre qu’on subit le plus les mauvaises conditions de vie. On le voit au niveau de l’isolation des logements. Aujourd’hui, c’est dans les cités que le coût énergétique est le plus important et que les gens vivent dans les conditions les plus difficiles. C’est pareil pour la bouffe, quand on est obligé d’aller dans des supermarchés comme LIDL ou autre, eh bien effectivement on ne choisi pas son alimentation. Moi, chaque fois que je vais dans les cités, les gens me disent « nous, ce qu’on veut c’est pouvoir être à égalité, pouvoir manger correctement ». Quand on vient de l’extérieur, on ne croit pas que c’est la réalité. La réalité c’est que la dignité ne se partage pas. C’est à la fois être reconnu pour ce qu’on est et aussi pouvoir vivre dignement dans des conditions acceptables. C’est un vrai combat qui a lieu dans les cités, c’est pour ça qu’il y a cette lutte au niveau des logements, pour l’emploi, pour l’accès à la culture, à l’école. On ne peut pas dire qu’il y a une part qui ne fait pas partie du combat par rapport au reste.

Et quel sera votre première mesure justement, si vous êtes élu, en direction des quartiers populaires ?

Je pense que sur les quartiers, c’est d’abord la question de la dignité. Moi j’ai dis que la première mesure symbolique par rapport à la dignité c’est la suppression de la Bac, les Brigades Anti Criminalité. Ce sera une première mesure symbolique pour ramener la paix civile dans ce pays.

Et pour lutter contre les discriminations à l’embauche notamment ?

Cela englobe tout un travail sur les questions du chômage et de l’emploi. Il faut repartir à zéro et contraindre les entreprises à répartir les revenus et faire en sorte de permettre à chacun de pouvoir vivre dignement.

Vous sentez-vous responsable de la chute de Dominique Voynet dans les sondages ?

Je ne m’occupe jamais des sondages, je bosse sur une campagne avec des gens. Je ne m’intéresse absolument pas au marketing des voix.

Idir Hocini

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021