A la veille de la journée internationale de la femme, le ministère du même nom organisait vendredi 7 mars au soir la remise de prix de son concours sur l’égalité des sexes, organisé à l’occasion. Ambiance.

Vieille de près d’un siècle, la journée internationale des droits des femmes fut instaurée en 1921. Néanmoins, cette journée spécifique dédiée aux femmes est sujette à certaines contestations. Nous pourrions accorder raison aux féministes qui défendent l’idée que la journée des droits de la femme ne s’arrête pas une date précise, que ce n’est pas un anniversaire, que la femme existe tous les jours de l’année. Mais face au combat permanent de l’égalité homme-femme, cette journée permet de faire un point à propos de certaines inégalités.

Le ministère des Droits des femmes s’est mobilisé pour l’occasion, en créant un concours ÉgalitéE 2014. L’appel à projet du ministère s’adressait à des jeunes âgés de 16 à 25 ans, hommes ou femmes de tous horizons. Le concours proposait aux concurrents de laisser libre cours à leur imagination pour exprimer leur vision de l’égalité ou des inégalités à travers une affiche, un support vidéo, ou un texte écrit. Najat Vallaud-Belkacem, à l’origine de cette initiative a expliqué : « L’action que je mène au sein de mon ministère depuis bientôt deux ans est faite pour corriger les inégalités existantes mais aussi pour préparer un monde dans lequel elles ne se reproduisent pas. »

Le concours national a connu une participation exceptionnelle de la jeunesse. Plus de 3 000 concurrents des 27 régions du territoire national et des Dom-Tom y ont pris part. La remise des prix du grand concours a eu lieu dans la soirée du vendredi 7 mars, au Théâtre de la Gaîtée Lyrique à Paris. La soirée fut animée par Frédérique Bedos. Des chanteurs, acteurs, comédiens, humoristes se sont succédé sur scène, entre deux remises de prix, livrant des prestations en lien avec le thème de l’égalité. Quelques ministres étaient présents au premier rang. La ministre des Droits des femmes évidemment, Christiane Taubira, Yamina Beguigui, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mais aussi Yvette Roudy,  première ministre des Droits de la femme de l’histoire de la Ve République.

La cérémonie des récompenses a fait son ouverture avec un montage d’archives retraçant l’évolution historique des droits des femmes de 1945 à nos jours. La voix off a ainsi clos la projection : « Même après quarante ans, de nombreux combats restent à mener ». Quelques prestations musicales, artistiques et littéraires ont suivi, parmi lesquelles la troupe Cie Anteprima avec les chants lyrique italiens de leur prochain spectacle Arrange toi, la plaidoirie du jeune Joris Bernard intitulée La poule et le renard,  ainsi que l’émouvante lecture de lettres de femmes victimes de violences conjugales par le collectif XXX.

Pas moins de neuf prix ont été distribués, trois dans chaque catégorie. Drôle de coïncidence : tous les gagnants étaient des gagnantes ! Amusé, le jury a assuré ne pas avoir eu d’information sur l’identité des candidats et Najat Vallaud-Belkacem a tenu à préciser que des hommes y avaient participé. Les gagnantes affichant toutes leurs plus grands sourires et leurs plus belles robes sont venues chercher leurs récompenses, données à tour de rôle par le jury, puis par Jean- Marc Ayrault.

Toutes, bien qu’avec des messages différents et des sources d’inspiration différentes, en sont venues au même épilogue. Il est vrai qu’il faut être reconnaissante du chemin parcouru, mais il faut également continuer à se battre et ne pas perdre espoir. Bonne journée.

Sarah Ichou et Jasmin Nahar

Articles liés

  • Le problème Roussel des élus des quartiers populaires

    Dans l’ancienne banlieue rouge, les élus locaux du PCF sont légion à serrer les dents face aux sorties réactionnaires de leur secrétaire national. L’omniprésence médiatique de Fabien Roussel et son éloignement manifeste des fondamentaux du parti commencent à être ouvertement critiqués. (Un article d'abord publié chez Mediapart, dans le cadre de notre partenariat).

    Par Héléna Berkaoui, Olorin Maquindus
    Le 04/10/2022
  • Gérald Darmanin à Mayotte : face à la détresse sociale, la répression comme seule réponse

    Lors d’une visite à Mayotte, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, a annoncé la couleur du quinquennat à venir. Restriction du droit du sol, enfermement d’enfants encadrés par des militaires et armement de la police comme seules réponses face à la montée de la violence dans le département le plus pauvre de France. Joao Gabriel, doctorant en histoire, et Bastua Soimadoune, militante mahoraise, analysent, pour le Bondy Blog, ces annonces.

    Par Anissa Rami
    Le 05/09/2022
  • Alter-votants : remettre le droit de vote des étrangers au cœur du débat public

    #BestofBB En France, les droits des étrangers s’arrêtent à la porte des bureaux de vote. Pour lutter contre ce péril démocratique, la plateforme Alter-votants a vu le jour en 2016, pour mettre en relation des votant·e·s français·e·s avec des personnes étrangères. L'idée : faire entendre la voix de tous les résident·e·s en France et remettre au cœur du débat le droit de vote des étrangers, promis depuis bientôt 50 ans sans jamais être acté.

    Par Margaux Dzuilka, Emilie Duhamel
    Le 01/09/2022