Vous cherchez à investir dans la pierre ? En ces temps de crise financière, quoi de mieux en effet que placer vos économies dans une valeur refuge telle que l’immobilier. La Desouchière est faite pour vous : située au cœur de la Bourgogne historique, ce lieu authentique et bucolique pourrait vous accueillir dés l’été prochain. Petit détail : il faut être « souchien », soit un(e) Gaulois(e)… pure souche. Adeptes des mélanges des cultures et de la diversité ethnique s’abstenir.

Le projet de La Desouchière se trouve sur le site www.fdesouche.com qui s’auto-consacre premier blog de la diaspora des descendants gaulois. Ses créateurs estiment que le peuple français est menacé de disparition. « Sous les effets conjugués de l’immigration, d’une démographie fléchissante et de l’idéologie à la mode prônant le métissage généralisé, le Français de France risque de disparaître à brève échéance », professent-ils.

Sur ce site qui revendique quatre administrateurs, une dizaine de collaborateurs réguliers et une centaine de contributeurs bénévoles, la ligne éditoriale se veut claire : « alerter » sur les questions d’identité, d’immigration et d’idéologie multiculturelle. « Ce qui nous unit et nous distingue des autres, c’est notre attachement à notre identité charnelle, à notre terre, et notre conviction de faire partie d’un peuple distinct. »

Sur le blog dédié au projet (http://ladesouchiere.blogspot.com/), le concours de l’été a tourné autour du futur blason du village des irréductibles anti-France black blanc beur. Une des propositions présente « un symbole européen connu de tous : la louve nourricière avec Remus et Romulus », le principal défi de l’apprenti héraldiste étant d’utiliser une image clairement européenne pour symboliser la fécondité, tout à la fois la fin et le moyen. « Nous souhaitons perpétuer notre peuple, et c’est une « arme » relativement facile et à portée de tous […] » La procréation pour sauver la race gauloise de l’invasion barbare, il fallait y penser…

Si les dons peinent à décoller (environ 1400 euros alors 30 000 sont nécessaires pour le démarrage), et même si lors de l’été 2009, une quarantaine de visiteurs a déjà pu goûter à l’air et la vie ethniquement purs de La Desouchière, l’ouverture officielle reste annoncée pour 2010. L’appel à volontaires pour soutenir ce « projet associatif ambitieux et enraciné » est donc lancé et des électriciens, plombiers, jardiniers et nombres d’autres métiers et compétences sollicités. Pour cela, il faut prendre contact avec un mystérieux Roark qui « étudiera » les modalités de toute éventuelle participation… Nul doute qu’il faille montrer patte blanche pour intégrer cette communauté prônant le repli sur soi.

Si Roark reste un interlocuteur anonyme sur le blog, on pouvait le croiser en personne sur le stand de La Desouchière ou en participant à une table-ronde lors de la 3e journée nationale et identitaire de Synthèse Nationale (revue d’extrême-droite politique et culturelle) qui s’est tenue le 11 novembre dernier à Paris sur le thème « Rassembler pour résister ». Résister justement. Le verbe qui sied habituellement à Jean Moulin dans les livres d’histoire est largement utilisé par le promoteur de ce village 100% gaulois.

« Devrions-nous partir sans combattre, sans même essayer de résister ? Pour tout homme d’honneur et de conviction, poser la question c’est y répondre. Nous n’avons nulle part où aller et nous sommes ici chez nous plus que d’autres. L’alternative à la fuite s’appelle « reconquête ». […] Notre projet s’inscrit tout à fait dans cette optique. En permettant le regroupement, tant physique que virtuel, des hommes libres qui veulent encore croire qu’une sortie du cauchemar est possible, il constituera l’un des piliers de cette nouvelle « reconquista » dont nous ne pouvons pas faire l’économie. Pour éviter que, demain, nos enfants et petits-enfants ne soient plus que les membres d’une diaspora européenne apatride, c’est aujourd’hui qu’il faut nous rassembler. » De quoi faire faire la toupie perpétuelle à un résistant d’un autre type dans son tombeau du Panthéon où il est sensé reposer en paix.

Sandrine Dionys

Sandrine Dionys

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