L’avenir n’est pas très joyeux pour les trois icônes de la diversité au sein du gouvernement, Rama Yade, Rachida Dati et Fadela Amara. Elles sont priées d’aller fissa dénicher un autre job à court ou moyen terme. Nicolas Sarkozy a fait un constat : le citron est sec, il faut renouveler la marchandise. La première n’est pas assez docile, la deuxième a rempli son contrat des basses œuvres (réformes en langage politique) et la troisième a vainement assumé le service-après-vente d’un plan qui ne fait plus rêver grand monde.

Les trois ministres pensaient être à l’abri dans un dispositif cousu de fil blanc, et voilà que la réalité les rattrape. Celui qui naît dans la précarité est marqué génétiquement par le doute. C’est plutôt une bonne nouvelle dans le cas précis. Qu’elles se rassurent, elles s’en sortiront. Les vieux réflexes pour survivre loin des lambris dorés de la République reviendront vite. Certes, elles recevront moins de SMS et moins de coups de fil, il faudra payer le billet de TGV et ne pas oublier de régler la note à la fin d’un repas au restaurant. La chute va être terrible. La sagesse voudrait qu’une cellule psychologique puisse les recevoir et les accompagner quelques temps. On ne revient pas aussi facilement dans la vraie vie après avoir plané sur le nuage du pouvoir comme des princesses des mille et une nuits. D’autant plus, qu’ici bas, il fait un froid de canard, les murs sont gris et le chauffage est poussif.

Le contrat d’intérim gouvernemental siglé diversité ne sera donc pas renouvelé. La stratégie présidentielle ne repose sur aucune doctrine. Seule la loi de la communication politique apparaît ici pour résumer le paquet de slogans agités lors des élections, où le candidat avait fait tant de promesses avec en fond sonore les huées enchantées de ses fans. Si pour recoller les morceaux de ce plan social déguisé, les conseillers du président pensent que des nouveaux visages exotiques feront largement l’affaire, ils se trompent sur toute la ligne. Il faudra trouver autre chose pour divertir le chaland.

Mais que va inventer Nicolas Sarkozy pour reprendre la main sur ce dossier ? Comment va-t-il feinter une fois de plus la gauche, lui qui a déjà utilisé la roulette de Zidane pour enfoncer le clou de la diversité dans l’œil du PS ? Je suis impatient de voir ce qui va sortir du chapeau et surtout de lire le discours qui l’accompagne.

Il s’agit d’aller plus loin, de créer un tremblement de terre pour passer un cap. Il faudra nommer un vrai ministre, avec une administration et un budget. Tout ça au service d’une politique affichée et en phase avec les attentes et la réalité de la société française. A la tête de ce ministère, il faut mettre un homme ou une femme politique digne de ce nom, dont la parole compte, avec une expérience incontestable et du charisme. Il faut un gros bras, rompu aux joutes politiques et à la mécanique institutionnelle. Autrement dit, cette personne doit être respectée au sein même du gouvernement et sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Peu importe que ce ministre soit d’origine ceci ou cela. Cette vielle ficelle politique n’a plus de sens. Elle est ringarde et contre-productive. Soyons sérieux pour une fois sur cette question de la diversité, l’heure n’est plus à l’exhibition de symboles et aux envolées lyriques teintées de bonnes intentions. Au contraire, il y a urgence à revenir à la politique, aux idées, aux responsabilités pour mettre un terme à ce « plus belle la vie » de la diversité mondaine. Il faudra au moins cela pour en finir avec les nominations en forme de cacahuètes pour amuser les journalistes.

Nordine Nabili

Nordine Nabili

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