Chaque année depuis 2002, la belle saison venue, a lieu à Paris le printemps de la démocratie locale. Cette manifestation a pour but de rappeler au citoyen, que le taulier en France, c’est lui. Associations, conseils de quartiers, mairies d’arrondissement et communes sont des lieux privilégiés pour donner de la voix citoyenne assurent les organisateurs.

J’ai demandé à Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris chargé de la démocratie locale : « Mais qu’est ce qu’on décide au niveau local franchement? La couleur du papier crépon qui orne la salle lors du bal des pompiers ? » Il répond : « Beaucoup de citoyens réagissent en usagers. Ils ne doivent pas être des consommateurs, ils doivent être des collaborateurs des élus.  Sinon  c’est un abandon de leur pouvoir. Il faut s’accaparer la vie politique, surtout au niveau de son quartier. »

Si tu ne t’occupes pas de politique, la politique s’occupera de toi disait l’autre. «  Plus de participation citoyenne au niveau local c’est essentiel poursuit Hamou Bouakkaz. On pourra peut-être ainsi éviter de subir des débats à la con, comme celui du 5 avril ».

Le débat sur l’islam et la laïcité lancé par l’UMP, on n’en pense ce qu’on veut, mais il y a quand même un petit côté participation au niveau local non ? Ça devrait plaire à l’intéressé. Pas tellement d’après cet élu socialiste : « C’est une manière populiste de faire de la démocratie locale. Avec ces deux mots on peut faire des choses formidables comme on peut faire n’importe quoi ».

Pour changer de sujet, un exemple concret d’exercice de cette démocratie en bas de chez-soi: « Une commune veut refaire un trottoir. Ça demande des réunions, des consultations avec les usagers de la rue, affirme Hamou Bouakkaz. Si on laisse faire le service d’urbanisme tout seul dans son coin, si les personnes handicapées par exemple ne font pas entendre leurs voix, ils seront peut-être les grands oubliés des travaux ».

Le printemps de la démocratie locale est là pour aider le citoyen à s’approprier son super-pouvoir local d’après l’adjoint au maire de Paris. Au menu de la dernière journée, qui a lieu toute la matinée du 2 avril à l’Hôtel de ville de Paris, des séminaires pour comprendre les mécanismes budgétaires d’une commune,  et des cours, comme celui  d’aide à la prise de parole, toujours utile pour interpeller un élu en bonne et due forme car on ne dit pas, même si c’est la tradition: « Salopard ! Qu’est ce que t’as fait des sous de mes impôts ? Ta piste cyclable c’est de la crotte d’oiseau». Une université populaire en somme autour de la citoyenneté active. Si vous êtes fan de Stéphane Hessel, auteur du best-seller Indignez-vous, il sera présent samedi.

Idir Hocini

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